Amour-mere-fille

Point de peur, j’ai choisi l’amour


Il y a quelques semaines, j’ai demandé votre avis, chers amis sur des thématiques à aborder ici. J’ai reçu plusieurs réponses. Aujourd’hui, j’en choisis une: “la peur d’une maman pendant la première année de vie de son enfant”.

Muriel a fait la demande et j’ai été tentée de faire une recherche (Google est mon ami) sur le sujet. Ben oui, j’avais la sensation d’entendre parler d’un “mal étrange”, une “maladie rare” jamais découverte et peu référencée (sourires). Et puis, jai choisi ma réponse la plus directe possible: NON, je n’ai pas eu peur, j’ai aimé!

Nous ne parlerons donc pas de peur mais plutôt d’amour. Appelons-ça le remix du thème, si on veut. En effet, j’ai partagé avec vous il y a près d’un mois, l’histoire des huit mois et demi, durant lesquels j’ai porté Petite Madame.La réflexion de Muriel a donc évoqué en moi, le besoin de partager au-delà de la peine, le bonheur. Oui, depuis le premier jour j’ai eu la chance de construire du bonheur. De ce fait, j’aborderai simplement l’importance de la première année dans la construction de l’histoire d’amour que nous souhaitons a priori vivre avec nos enfants.

Aujourd’hui, ma petite princesse a trois ans et s’apprête pour sa première rentrée scolaire. Je la regarde et je me dis toujours que le temps passe trop vite. Elle parle, exprime ses émotions, grandis mais surtout, elle est devenue tout ce que je ressentais d’ores et déjà en la portant dans mon ventre: joueuse, drôle.

A sa naissance, plusieurs évenements auraient pu mettre à mal le reste de sa vie. Par pudeur et surtout parce que tout va bien désormais ici, je ne les évoquerai pas ici. Il faut simplement retenir qu’à sa naissance, je me suis donnée une seule mission: créer un cocon d’amour et de tendresse autour d’elle.

  1. Comment le choix s’est -il opéré ?

Pendant ma grossesse et notamment en discutant avec son père, nous avions globalement défini le cadre dans lequel elle devrait plus tard être élevée. Les préceptes que nous entendions mettre en valeur étaient clairs: bienveillance, amour, dialogue avant colère, respect. Au travers de mes recherches, j’ai pu donner un nom à ce modèle d’éducation : la parentalité positive.

A partir de ce moment-là, je me suis renseignée de manière extensive et j’ai continué à sa naissance. Je me suis abonnée à des blogs de parents, de mamans, j’ai lu et j’ai nourri ma pensée, mon désir. En effet, c’et une chose de vouloir donner de l’amour uniquement à son enfant mais c’est une autre chose de réussir à le faire sans virer dans le non-accompagnement et le laisser-faire. Pour cela, il me fallait donc écouter, apprendre, observer.

Ainsi, lorsqu’elle est née je n’étais pas prête mais j’étais relativement apaisée.

  1. Qu’est-ce que cela signifiait concrètement?

Quand la petite princesse est venue sur terre, je me suis transformée en observatrice permanente. Je la regardais dormir, je la regardais bien dans les yeux lorsqu’elle était éveillée, je la découvrais comme une merveille. J’avais et j’ai toujours la sensation d’avoir une responsabilité immense : faire grandir un petit être. Cependant, pour me départir de ce qu’on pourrait appeler la peur, j’ai décidé très tôt d’accepter que ma fille ne m’appartienne pas. Je n’étais que sa mère, pas sa créatrice. Comme je l’avais écrit quelques mois après sa naissance : « Nos enfants nous sont prêtés par Dieu ».

Accepter cela m’a donc permis de me départir très tôt de ce qu’on pourrait qualifier de peur. Car, pour rejoindre Muriel, en tant que parent, on a toujours des peurs c’est vrai. Mais, je ne pense pas que ce soit un état permanent. Ce sont des pensées fugaces qui viennent et s’en vont, et ne dépendent pas pour moi de la première année de vie de l’enfant mais m’accompagneront certainement tout le long de sa vie. Je peux en citer quelques-unes : peur de mal faire, peur de se tromper, peur de ne pas satisfaire, peur de la perdre, peur de l’impacter négativement etc…

En réalité, j’ai découvert vite que j’avais une seule chose à faire ou plutôt deux : l’aimer et lui faire confiance.

  1. Comment faire confiance et lâcher prise ?

Le plus bel exercice que ma fille m’a permis d’apprendre c’est en effet celui de faire absolue confiance et de lâcher prise. Au fur à mesure qu’elle grandissait (et notamment dans la première année charnière), je recevais souvent des réflexions sur les risques que je lui faisais prendre. Ca n’a d’ailleurs pas changé mais c’est quelque chose dont j’ai appris à ne pas me soucier.

Il est en effet, beaucoup plus facile d’empêcher son enfant de faire tout, pire son bébé que de l’observer tomber et se relever sans se lasser jusqu’à ce qu’elle fasse bien. En ce qui me concerne, j’ai appris à réprimer donc la peur (encore elle), et à laisser place à l’amour.

Quand tu aimes, tu es censé faire confiance. La vision aujourd’hui de l’amour notamment entre hommes et femmes, tue très souvent ce principe, mais il reste. Lorsque vers cinq à six mois, elle a commencé à essayer de s’asseoir, elle ne tenait pas droit. Très souvent, elle se penchait et elle tombait. La première fois, j’ai reçu comme un coup de massue dans le cœur, et je n’ai pas voulu recommencer l’expérience. Pourtant, elle me regardait pleine de vie, en train de rire et ne voulant qu’une seule chose, recommencer. Je l’ai donc assise de nouveau, et je me suis placée comme un rempart, au cas où elle tombait encore, pour qu’elle puise tomber sur moi.

Quelques mois après, lorsqu’elle a commencé à ramper et progressivement apprendre à marcher, j’ai accepté de la laisser faire. Ma seule résolution (apprise dans le cadre de la parentalité positive) a été de créer un cadre assez sécurisé. J’ai enlevé de sa zone d’accès tout ce qui pouvait être piquant, douloureux, ou la blesser de quelconque manière. Elle se baladait dans la chambre, essayait de s’accrocher au lit, aux chaises, aux petits meubles, tombait, se relevait.

Lorsqu’il lui arrivait d’avoir mal, je lui faisais un « bisou magique » sur la zone douloureuse et elle arrêtait de pleurer. En faisant le choix du bisou magique, je taisais déjà en moi-même toute crainte. En effet, croire en la capacité d’un bisou à régler une douleur, c’est accepter que la douleur est bégnine. Le principe du bisou magique est resté jusqu’à présent. Elle a d’ailleurs appris elle-même à le faire lorsqu’elle a la sensation que j’ai un bobo. A chaque fois qu’elle le fait, je la regarde avec émerveillement, toujours surprise de la capacité des enfants à nous imiter.

J’ai donc appris à me concentrer uniquement sur nos émotions positives pour construire notre relation dans la première année de sa vie.

  1. Pourquoi je trouve que c’est essentiel ?

Au fur à mesure que nos enfants grandissent, ils restent des anges, mais ils n’ont pas toujours les bons comportements. Pire encore, nous ne les comprenons pas toujours. Avoir bâti cet environnement d’amour avec ma petite princesse m’a permis de me préparer moi-même à la phase un peu plus difficile qui commence autour de deux ans. Le « NON » systématique et les crises de colère ou de larmes de l’enfant peuvent être très stressantes. En tout cas, pour moi elles l’ont été. Je me demandais parfois, où était passé mon bébé joueur, souriant, et joyeux. Dans les premiers mois de ses deux ans, j’ai d’ailleurs failli rater le coach. J’ai failli me retourner vers la voie que je trouve moi facile (taper) et j’ai d’ailleurs cédé plusieurs fois.

Puis, je me rappelle de m’être approchée de ma fille en colère, et elle a eu un mouvement de recul. J’ai eu tellement peur de ce que cela pourrait devenir que j’ai pris sur moi de me regarder dans un miroir et de chercher les voies et moyens pour faire différemment. Ce n’est pas arrivé très souvent. Porter la main sur mon enfant, ou sur tout autre enfant d’ailleurs, reste quelque chose qui me dégoute, et j’en avais déjà parlé ici dans un article contre la violence éducative.

Aujourd’hui sans être parfaite, je sais donc que c’est dans la relation d’amour bâtie lorsque le langage n’était pas encore constitué qui fait la force de la relation entre ma fille et moi, et permet de mieux gérer les petites crises ou l’indiscipline.

Dans l’amour, je vois une petite madame serviable, très polie avec tout le monde, gentille. Elle peut aussi faire des caprices, des crises de larme, manifester son mécontentement en donnant des tapes aux adultes (et on lui apprend doucement à éteindre cette violence). Cependant, elle est aimée et elle est aimante. Son « Maman tu m’as beaucoup manqué » quand je rentre certains soirs, est pour moi l’expression parfaite de la belle histoire d’amour qui est la nôtre.

A l’instant où j’écris ces mots, elle vient de se réveiller. Elle vient ainsi par amour, une fois de plus sonner le terme de ce témoignage. Merci à Muriel de m’avoir inspirée cette petite chronique sur non pas la peur mais l’amour.

Petite princesse et moi, vous envoyons des tonnes de câlins et de bisous parce que l’amour devrait toujours primer et que tous les parents et les enfants, devraient être les meilleurs amis du monde (sourire.). Je lirai avec plaisir tous vos commentaires sur le sujet.

Love, Anna♥

One thought on “Point de peur, j’ai choisi l’amour

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