Salarié-

Salarié, c’est forcé?


Ce billet pourrait s’apparenter à une ode à entrepreneuriat mais il n’en sera rien. Ce billet malgré son titre, parle surtout et avant tout de salariat.

Salarié, je me suis souvent posée la question, est-ce forcé?  Dans nos environnements, et en somme au Cameroun, le monde professionnel est un monde de requins déguisés. Vous me direz que le Cameroun n’apparaît pas comme une exception et je vous accorderai que vous avez raison.

Cependant, au vu de mon expérience, de celles de collègues ou d’amis dans des sociétés de la place, j’ai encore envie de reposer ma question: Salarié, c’est forcé? 

Ma question est destinée premièrement aux employés et en deuxième lieu, aux employeurs. Commençons par ces derniers. Chers employeurs de tout bord, depuis quand le travail est-il synonyme d’esclavage ans votre vocabulaire? Depuis quand l’employé s’apparente t-il à votre enfant? Avez-vous financé ses études? Etes-vous garant de son intelligence? Si la réponse à toutes ces questions est NON, je vous le demande: pourquoi la violence verbale, pourquoi les insultes? Pourquoi ce management de la terreur? Quelles sont les études qui en prouvent l’efficacité?

En effet, trop souvent vous entendez des personnes parler de leur travail comme ‘une passion mais de leur chef comme un cauchemar.Trop de personnes ont trouvé en leur boulot, le moyen ‘accomplir leurs rêves mais déchantent trop vite au vu du management. J’avais un  DG qui avait coutume de dire que lorsqu’on démissionne, la plupart du temps, on quitte non pas l’entreprise qui nous emploie, mais très souvent, un mauvais chef. En d’autres termes, les supérieurs hiérarchiques sont les garants de l’atmosphère d’équipe et de la motivation des employés. Mais en sont-ils conscients? Savent t-ils faire la bonne mesure? Voilà le débat.

En ce qui concerne les salariés, nous sommes champions pour relever tous les manquements réels ou supposés de l’entreprise envers notre personne. Très peu, nous ne savons nous remettre en question, très peu savons-nous lire notre environnement et humer le vent du renvoi ou au minimum du désaveu. Nous tolérons beaucoup de mots, de comportements souvent sans nous plaindre et ce même dans des grandes entreprises. Nous prenons des risques pour notre santé, en finissant tard et de ce fait nous hypothéquons notre performance future. Nous avons l’impression qu’il faut à tout prix éviter le renvoi. Or, nous sommes parfois compétents. Nous sommes parfois en mesure de nous débrouiller ailleurs. Mais toujours, nous restons là.

Or, une carrière est du fait de l’individu et non de l’entreprise. Trop souvent, les projets et ambitions professionnelles des uns et des autres, ne sont pas clairs. Trop souvent, nous passons d’un poste à un autre, au ré des besoins de la société, sans envisager l’impact ou le chemin que tel ou tel poste fait prendre à nos carrières. Trop peu, nous mesurons le chemin parcours pour établir nos compétences, et être en mesure de mieux les vendre sur le marché du travail en cas d’insatisfaction. Au Cameroun, démissionner s’apparente encore à une prise de risque trop grande. Bien souvent, les individus recherchent avant tout la sécurité du travail, une place jusqu’à la retraite, au détriment d’une carrière bien remplie. Les deux sont d’ailleurs conciliables, à condition de savoir jouer ses cartes.

Etre salarié, n’est pas une fatalité, au contraire. Etre salarié, c’est l’occasion avec une prise de risque minimale, d’impacter un secteur d’activité, et de laisser sa marque. Etre un bon salarié, qui sait bien manager sa carrière, c’est avoir la possibilité d’une certaine retraite dorée. Etre un bon salarié, c’est être clair sur ses ambitions personnelles, et savoir donner sans étouffer. Etre un bon salarié, c’est bénéficier dans les bonnes sociétés, de nombreux avantages, tels que la couverture médicale, les bonus de fin d’année, le 13ème mois, etc.

Etre salarié, c’est un contrat avec une entreprise, un échange de bons procédés, a priori gagnant-gagnant. De ce fait, aucune partie (notamment l’entreprise, et en particulier le manager), ne devrait abuser de sa position. Il est toujours dommage, de voir des collaborateurs dépossédés de leur enthousiasme, de leur passion car au final, cela finit toujours par impacter sur les performances de l’entreprise (bien que le plus grand perdant est toujours l’employé).

Etre salarié c’est maîtriser l’art de la bonne communication. Etre salarié c’est avoir lu plusieurs fois “Le Prince” de Machiavel et être en mesure d’en appliquer intelligemment certains des principes.

Etre salarié, au final c’est une superbe aventure car on y apprend beaucoup sur soi et sur les autres. De plus, il faut de tout pour faire un monde. Eh oui, tout le monde ne peut pas être CEO. Et vous qu’en pensez-vous?

Love, Anna♦

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6 thoughts on “Salarié, c’est forcé?

  1. TchOupinov même ici tu veux me faire die de lap!!!!!
    Je suis d’accord avec ce que tu dis Anna quand on démissionne la plupart du temps c’est à cause d’un mauvais Chef, j’en ai fait l’expérience dans une PME. C’est à se demander comme l’a aussi remarqué TchOupinov dans quoi ils font réellement, esclavagistes/entrepreneurs???

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  2. En même temps, lorsque tu es un “bon salarié ” au Cameroun… c’est à dire quand tu bosses dans une bonne/grosse boîte… tu es un privilégié et dans la plupart des cas tu es la vache à lait de la famille… Du coup tu dois faire gaffe à ne pas perdre ton boulot… c’est encore pire pour ceux qui travaillent dans les TTTTTTPE où tu rencontres la plupart des esclavagistes qui se croient à la chefferie! Les cuons comme ca

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    1. Coucou Tchoupi, je pense que quand tu es un bon salarié, tu dois te focus à te vendre, justement parce que tu es la vache à lait de la famille. Sans ambitions, sans purpose, on ne va nulle part. Il ne s’agit pas de faire gaffe à son boulot mais je crois plutôt d’être excellent parce que fais quoi, fais quoi quand tu es bon, on ne cache pas la lumière de ton soleil et ce n’est pas à toi que je dirai le contraire. Maintenant dans les PME/TPE, je crois que ça revient au final qu’au fait des gens aient commencer à accepter ça. Perso, dans notre entreprise familiale, on traite les employés comme des membres de la famille avant tout. Ainsi, comme dans toute famille, il peut y avoir des dérapages, mais on rattrape toujours. Travailler c’est offrir sa compétence, son savoir, et à partir du moment où elle est réelle (ce qui n’est pas souvent le cas), on devrait pouvoir se battre pour la faire respecter.

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      1. Esseu toutes les entreprises sont alors comme pour vous! D’ailleurs rappelle moi d’envoyer mon cv chez vous! Krkrkr
        Bon sinon, il y’a des salariés qui se vendent comme tu dis hein! Tout le monde ne peut pas aussi se vendre, sinon qui va acheter?

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