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La musique urbaine, cette grande malade


Il y a quelques jours, plus précisément Samedi soir, je suis tombée sur mon fil Twitter sur des mentions de Maahlox Le Vibeur. Les différents Tweets évoquaient son dernier vidéogramme “Tu Montes, Tu Descends”.  Etant habituée aux frasques de Maahlox (auteur du désormais célèbre “Ca sort comme ça sort”, mais aussi des moins célèbres “Arrêtez Brenda” ou encore “La Bière C’est Combien ici”), je n’ai pas particulièrement prêtée attention à ces tweets ni au lien vers la vidéo.

Puis, au hasard de l’inbox Facebook de la page “La Case d’Anna” (ne vous impatientez pas, j’y arrive), je reçois un message d’un autre artiste, désireux de me voir assurer dans ces colonnes la promo de sa nouvelle chanson “Chien Méchant”. A la lecture de son communiqué de presse, ou plutôt en visitant son profil, je clique sur un lien d’une revue plutôt élogieuse de ce titre mais aussi et surtout d’une critique assassine et violente du single de Maahlox sus-cité.

Ma curiosité ainsi piquée, je n’hésite pas à cliquer sur le lien YouTube de cette vidéo. Une piscine, beaucoup de filles en forme, du twerk et un texte assez cru pour qui comprend l’argot camerounais. L’artiste parle en mots faciles, de sexe, d’argent et de facilité pour ne dire que cela. Donc, pour revenir à la critique assasine et violente qui a attiré mon attention…

Ce n’est pas la première fois au cours de ces dernières semaines que je découvre des critiques rudes d’artistes ou de chansons qui ne réflètent pas assez le bon goût, le sens artistique ou l’inspiration que beaucoup voudraient voir donner à nos jeunes. La critique est notamment portée sur la musique urbaine et récemment des artistes tels que Maahlox, Reniss ou Franko il y a quelques mois. Or, cette musique urbaine a toujours eu en son sein des éléments tapageurs. Maahlox en l’occurence est toujours resté fidèle à cette ligne ( deux vidéos en exemple pour illustrer mon propos).

Je dirais même que “Ca sort comme ça sort” était une agréable exception à sa règle et que “Tu Montes Tu Descends” dénote plutôt d’un retour aux sources de son style.

Donc pour revenir à cette critique constante et je pourrais dire dans une certaine mesure constructive de la musique proposée à nos jeunes, j’ai envie de dire: vous êtes en retard. Eh oui, depuis que la jeunesse s’est acoquinée des Lil Wayne, Chris Brown et ces nombreux autres pourvoyeurs de sexe et de violence qui inondent la musique depuis quelques années, nos jeunes ne pouvaient que copier ces modèles pour se rendre alléchant ou exportables.

Des chaines comme Trace TV dictent ce que nos enfants peuvent découvrir de la musique camerounaise ou africaine, et au final le choix est bien maigre. Franko ou Maahlox sont devenus des hits, mais ils ne sont pas représentatifs du spectre artistique ou de la musique urbaine. Reniss a pu sortir “La Sauce” (qui d’un point de vue artistique et purement artistique est pour moi une tuerie”) mais elle a aussi chanté “Holy Whata” (et personne ne l’a poussée à ce moment là). Les animateurs radios ou les DJs font des choix. Dieu merci, il existe encore des programmes comme Génération 2.0 (coucou Brice Albin) pour nous prpoposer de découvrir réellement l’étendue de notre musique urbaine, mais pour beaucoup d’autres et notamment dans les snacks, boîtes de nuits, dans les bars et fêtes de quartier, les choix sont vite faits et les Maahlox et compagnie, avec des recettes de “boucan” se taillent une belle part du gâteau.

Au final, il est donc à mon sens trop facile, trop réducteur de s’attaquer uniquement aux auteurs. C’est comme si on se demandait pourquoi écouter Lil Wayne, Tyga au lieu d’écouter Kendrick Lamar ou J Cole. C’est comme si on se demandait pourquoi se contenter de Dj Arafat au lieu d’écouter Dobet Gnahoré (ils sont pourtant tous les deux ivoiriens). C’est comme si la musique nigérianne se limitait à Davido ou P Square, lorsqu’on a des Brymo, des Femi Kuti ou des Olamide. C’est comme si la musique de Sarkodie se limitait à “Allelu” ft Castro. Et chez nous, c’est comme si Richard Bona n’était pas camerounais, Valdo Mundu ou Blick Bassy étaient nés sous d’autres cieux, Minks ne faisait pas du rap ou Gasha ne faisait pas du “R&B”.

Pour tous ceux qui me liront, je veux bien savoir combien d’entre vous ont reconnu les artistes que j’ai pu citer en alternative. Critiquons les artistes, c’est facile, c’est un raccourci utilisé de tout temps. Mais nous pouvons aussi nous demander ce que nous savons réellement de la musique urbaine camerounaise, et pourquoi les radios, les animateurs et tous ceux qui dans la chaîne pourraient nous aider à élargir nos spectres, ne le font pas. Dieu Merci, on a encore des Locko pour lever la tête et nous rappeler qu’écouter Maahlox, c’est juste un choix à faire ou non.

Hate the message, don’t shoot the messenger.

Love, Anna♦

PS: Personnellement, je n’aime pas #TuMontesTuDescends, mais je ne me sens pas le besoin de le dire car je n’ai jamais été une fan du Vibeur et ça ne va pas commencer aujourd’hui #chacunsoncouloir

PS2: je ne suis pas une experte et ne prétentds pas parler à ce titre, je suis une passionnée tout simplement, et je donne mon opinion, ce qui n’engage que moi.

 

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11 thoughts on “La musique urbaine, cette grande malade

  1. Bizarrement (ca me fait bizarre en tout cas) je suis d’accord avec toi. Seulement je pense que tu as oublié que tous les auditeurs ne choisissent pas forcément leurs chansons en connaissance de cause. Il y a une partie de la population qui ira écouter Maahlox et qui, parce qu’elle admire l’artiste, voudra appliquer ce qu’il dit dans ses chansons. Ceux là, ce sont nos enfants encore trop jeunes pour comprendre certaines choses. Ensuite, tu as raison, l’artiste n’est pas le seul qu’il faut blâmer. Mais, je pense qu’ils sont les principales personnes à blâmer.

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    1. on ne pouvait pas être totalement d’accord heinnn. Nos enfants écoutent d’abord ce que nous leur faisons écouter et développe la culture musicale que nous leur donnons. Ainsi, même lorsqu’ils écoutent Maahlox en route, ça ne leur dit rien. Moi perso, j’ai grandi ainsi, n’écoutant pas la moitié de ce que mes camarades écoutaient en permanence. donc en tant que parents, prenons vraiment nos responsabilités. Et pour les artistes, comme j’ai dit #chacunàsoncouloir et ce sont les consommateurs qui font ou pas élargir ce couloir à mon sens.

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  2. Il faut de tout pour faire un monde. Mais au demeurant la liberté de choisir demeure le dernier rempart…. même on peut se faire polluer. Si je te dis que je n’ai jms écouté la biere c’est cbn ici? Vrai vrai je ne vois pas l’interet d’un pareil son…. Mdr mais pour finir tu l’as bien dit on aime ou on n’aime pas les gouts et les couleurs ne se disutent pas.

    Ps je connais 2/3 des alternatives proposées :p

    Le bisou

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    1. Je confirme la liberté de se faire polluer. Moi-même je n’ai jamais écouté le son là jusqu’à la fin, en fait une fois only et c’était pour le boulot, car je trouvais assez hasardeuse l’association avec les produits que je gérais et j’avais signalé cela au service juridique.
      PS réponse au PS: pourquoi ça ne m’étonne pas? Ne dit-on pas que les grands esprits se rencontrent?

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  3. Il faut de tout pour faire un monde. Mais au demeurant la liberté de choisir demeure le dernier rempart…. même on peut se faire polluer. Si je te dis que je n’ai jms écouté la biere c’est ici? Vrai vrai je ne vois pas l’interet d’un pareil son…. Mdr mais pour finir tu las bien dit on aime ou on aime pas les gouts et les couleurs ne se disutent pas.

    Ps je connais 2/3 des alternatives proposées :p

    Le bisou

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  4. Je dois avouer que lorsqu’on est hors du Cameroun, seules ces chansons là, celles qui font le buzz, nous parviennent. Pour limiter les dégâts j’écoute essentiellement Jovi. Et même, uniquement les titres qui me parlent. Zélé est mon titre préféré depuis quelques mois.

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    1. pour limiter encore plus les dégâts, va sur soundcloud, sur deezer, suit l’ifc ou RFI. On peut citer Sanzy Viany, Krotal, Cameroon is full of talents. Moi j’ai fait le choix de “chercher”, mais c’est vrai que je ne le fais pas juste avec la musique kmer donc j’ai quelques réflexes. Will share on that

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  5. Lol en gros c’est comme toute chose, on est libre d’aimer ou pas et on est libre aussi de dire qu’on aime ou pas ou de ne rien faire du tout… Donc d’accord avec toi, C’est vraiment TOuT le monde qui doit choisir son couloir… Au final ça reste des artistes, ils ne sont pas des pasteurs ou des professeurs d’éducation civique. Ils font ce qu’ils ont à faire et tout le monde (ceux qui aiment et ceux qui aiment pas) devrait faire pareil. Je suis passé. Bye!

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    1. Tu es vraiment passé. Ayouuuu, je dois d’abord célébrer, ça faisait longtemps yakooo. Bon profite tu visites les anciens articles aussi noooon lol. Et oui, tu as bien résumé et je suis totalement aligné. Que chacun fasse ce qu’il a à faire, et chez moi ça commence par promouvoir les artistes nyangas qui existent beaucoup beaucoup et que personne ne met en valeur. En tant que public, consommons différemment et parlons de ce que nous consommons.

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