Féminisme et moi, un débat sans fin..


Féminisme, féminisme, féminisme.

J’ai lu sur les trois derniers mois, un certain nombre d’articles notamment de blogueuses africaines, qui avaient tous en commun de proposer leur vision du féminisme. D’expliquer pourquoi soit elles l’ étaient, soit elles ne l’étaient pas, ou elles essayaient de comprendre le pourquoi de l’un ou l’autre.

J’ai lu, je me suis ouverte à leurs différents points de vue et je demeure profondément perplexe. Oui, je me demande réellement ce que ce qu’être féministe. En effet, j’ai grandi auprès de femmes d’exception mais dont je ne saurai dire si elles sont féministes ou pas, car cela n’a jamais fait partie de leur prisme de réflexion et de ce fait de leur prisme d’éducation. Ma mère, par exemple, qui est mon premier modèle, m’a appris toute petite que le premier mari d’une femme était son travail, et donc en bas âge, ses études. Elle m’a appris qu’une femme devait être digne, se respecter, respecter son corps. Elle m’a appris que pour vivre heureux, il fallait vivre chez soi. Elle m’a appris à croire en mes rêves et à me donner tous les moyens de les réaliser. Elle m’a appris comment on se faisait respecter des hommes en particulier et des autres en général. Elle m’a appris ce que c’est qu’être une mère d’exception, et combien l’absence de maternité dans la vie d’une femme pouvait peser. Elle m’a appris que le mariage c’était important et ça apportait de l’équilibre. Elle m’a appris que la différence n’était pas un crime mais qu’il fallait que chacun puisse la respecter. Elle m’a encouragé à me cultiver. Elle m’a donné le goût de la lecture, de la musique, elle m’a appris à tenir une maison, et j’admire toujours ses talents de bonne cuisinière. 

Toutefois, ma mère reste une exception. Mariée au début de la vingtaine, elle avait divorcé avant ses 35 ans, a toujours travaillé à son compte, est une championne des causes sociales, et a élevé de main de maître cinq enfants. Elle cultive de nombreux paradoxes et notamment certains d’entre eux font penser aux femmes libres, féministes mais elle n’en demeure pas moins un pur produit africain.

De ce fait, à son école et en l’observant, j’ai gagné une liberté de penser et de ton, qui parfois ne semble pas correspondre au modèle de la femme en Afrique. J’ai cultivé l’indépendance que je l’ai vu avoir, mais je n’en suis pas moins disposée à être heureuse en tant qu’épouse. Etre une maman, a toujours fait partie de mes priorités et ambitions mais je ne juge absolument pas les femmes qui ne souhaitent pas l’être.

Au creuset de mon éducation, mais aussi de ma pensée individuelle, je crois avec ardeur à l’importance du respect de la femme dans la société. Je crois que trop souvent nos droits sont bafoués et trop souvent nos filles sont éduquées à perdre toute confiance en elle. Lorsque je lis les récits de viol utilisé comme arme de guerre dans de nombreux conflits en Afrique, mon poil se hérisse. Lorsque je découvre qu’en Arabie Saoudite, une femme  a encore besoin de l’autorisation de son mari pour travailler, j’enrage.

Emplie de tout ce cocktail, je me demande cependant si je suis vraiment féministe ou si je ne le suis pas. Au final, je me demande ce qu’est vraiment le féminisme. En effet, les mots se terminant en “isme” ont chez moi depuis bien longtemps la mauvaise connotation qu’apporte l’un de ceux le plus souvent utilisé, j’ai nommé le fanatisme. Pour moi “isme” s’apparente à extrême, et pour moi extrême s’apparente à conflit, s’apparente à combat. Or je suis pour la paix. Je crois sincèrement qu’être une femme dans le monde, demeure encore un challenge, une bataille de tous les jours mais je n’arrive pas à associer le combat pour que les femmes soient respectées à une quelconque branche du “féminisme”. Je n’arrive pas à me définir en tant que femme par un mouvement et au final je pense que cela revient à mon éducation.

Pour moi, songer à me définir selon un courant de pensée, inscrire mon action dans un mouvement, c’est avant tout la réduire, la rendre manipulable, car désormais entendue sous le prisme d’une idéologie (et ceci sans donner une connotation positive ou négative au terme).  Je veux être une femme et je veux que les femmes soient respectées pour ce qu’elles sont, des êtres humains qui ont tout comme le reste de l’humanité le droit de réussir, le droit d’être heureuse, le droit d’être épanouie. Je me rends compte aussi que nos éducations nous façonnent et que sous des différents cieux, la définition de l’épanouissement sera différente pour chaque femme. Je me rends ainsi compte que s’il y a certes des pratiques inacceptables car ayant un impact sur la santé (excision, mariages précoces), il y en a aussi d’autres (port du voile intégral), qui pour étranges puissent-elles paraître à mes yeux, sont parfaitement normales pour d’autres.

Je me bats (si combat il doit y avoir) pour l’épanouissement de la femme, son indépendance mais tout ceci dans le respect de sa vision du monde. On me dira que l’éducation et la culture sont façonnée dans certains pays, pour profiter aux hommes. On me rappellera que nombres de cultures sont machistes et que de ce fait, je n’ai pas une bonne vision de ce que devrait être le combat de la femme. Et c’est là où je m’arrêterais en terminant par ces propos: “être femme, c’est avant tout être humain, et être humain c’est être en mesure de définir librement nos priorités, aspirations et besoins. Etre humain c’est avoir des droits semblables quelle que soit notre genre, notre couleur de peau, notre ascendant ou notre situation sociale. De ce fait, être femme n’aura pas une seule définition, une seule couleur, un seul ensemble”. De ce fait, je ne sais pas vraiment ce que signifie être féministe car selon moi, c’est réduire la femme à une entité, semblable et homogène à travers le globe. Je suis femme, je suis Africaine, je suis citoyenne du monde, et je veux l’épanouissement pour moi et les autres femmes, en respect des besoins de chacune. Voilà tout.

Je ne saurai dire si j’ai pu au final définir pleinement mon statut dans ce débat sur le féminisme, mais ceci demeure une réflexion, un point de vue et la beauté de l’être est que rien n’est immuable, rien ne demeure toujours. Alors peut-être dans un an, cinq ans ou dix ans, je relirai ce billet, et je n’aurai qu’une envie le ré-écrire complètement. En attendant, je vous souhaite d’avoir apprécié la lecture. J’ai hâte d’en discuter avec vous.

Love, Anna♦

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