De la nécessité d’être utile


Pour transformer le monde, il faut agir. Dans un monde qui se veut meilleur, chacun doit faire sa part et je me dois de faire ma part. Si je ne fais rien, cela signifie que je ne suis pas utile.

Cette réflexion vous a t-elle déjà traversé l’esprit ? Es-tu utile? La réponse à cette question peut nous jeter les uns et les autres dans l’antre de la dépression et de la remise en question.

A un moment donné, j’ai arreté d’écrire car je me demandais si j’étais utile. J’ai parfois arrêté telle ou telle expérimentation, tentative de nouveau concept (podcast) par exemple pour la même raison.

Il semblerait que dans notre univers de vie actuelle, le besoin d’être utile, motive nos gestes à l’infini. En effet, dans tout cours de création de contenu, on vous dira qu’il faut que votre contenu impacte vos auditeurs. Ainsi, en définissant votre ligne éditoriale, vous devez pouvoir apporter quelque chose de spécifique à ceux qui vous suivent.

Attaché à la notion d’utilité, se trouve très vite la notion de but. Quel est votre but dans la vie? Quelle est votre mission et quelles actions mettez-vous en oeuvre pour la réaliser ? Je suis moi-même la première personne à poser cette question à des plus jeunes qui viennent vers moi pour des conseils.  Où vas-tu ? Quel est ton but? Quel est ton plan pour y arriver ? Pourquoi souhaites-tu le faire?

En soi, savoir où l’on va, n’est pas un problème. De même, définir un parcours clair de vie et les étapes associées est un cheminement nécessaire. Je peux trouver sur cette plateforme, plusieurs articles dans lesquels j’ai exprimé cette réflexion. Cependant, il ne faut pas se laisser enfermer au point de ne plus vivre.

Exemple : À un moment donné, je me suis enfermée dans une maxime selon laquelle, si mon texte n’avait pas au minimum 1500 à 2000 mots, cela signifiait qu’il manquait de profondeur et n’était pas “utile”

Anna

Exemple : À un moment donné, je me suis enfermée dans une maxime selon laquelle, si mon texte n’avait pas au minimum 1500 à 2000 mots, cela signifiait qu’il manquait de profondeur et n’était pas “utile”. Ainsi, je me suis retrouvée avec plusieurs brouillons inachevés car l’inspiration pour écrire 1000 mots sur le sujet n’était pas atteinte. De même, j’ai par exemple arrêté d’écrire des poèmes. En Toile de fond, la réflexion était somme toute simple : est-ce que le poème est utile.

Cela me ramène (fil tordu, je vous l’accorde), à mon propos central : être utile ne doit pas tuer notre identité. À force de vouloir apporter notre pierre à l’édifice du monde, on ne fait plus rien. Si ce n’est pas utile, ça ne vaut pas la peine d’être vécu, d’être partagé. Nous ne nous rendons pas compte, parfois que vivre heureux est déjà une forme d’utilité. Au Cameroun, par exemple, où je vis, “life is tough”. Je ne saurai le dire mieux. De ce fait, parler de votre quotidien, sans chercher plus, c’est déjà être utile, car vous donnez de l’espoir aux autres. Vivre avec des principes de rigueur de générosité, de bonne humeur, ça sert à celui qui a besoin d’inspiration à côté de vous.

Ceci me rappelle, “Ego is the Enemy” De Ryan Holiday qui est décidément LE livre qui m’a marquée cette année (j’en parle ici. Très souvent l’égo nous pousse à nous apitoyer sur notre sort. “Je ne suis pas ceci”, “je n’ai pas realisé cela”, “je n’arrive pas à impacter comme tel”. Vous ne vous êtes peut-être jamais posé ces questions, mais en ce qui me concerne oui. J’apprends doucement à admettre que tout cela ne sert strictement à rien. Pendant qu’on se pose des milliers de question, on ne fait que geindre. Chacun sa vie et son parcours.

Pas d’action, trop de remise en question et au final, aucun doute qu’on n’est pas utile. On est utile ni à soi, ni aux autres.

Pire, on remet en question ses acquis, la portée de ce que nous réalisons au jour le jour (aussi infime soit-elle), et on tue notre confiance en nous-mêmes.

J’écris cet article à 3h00 du matin, pour lutter contre une insomnie. C’est vous dire, que cet article est en premier lieu, un exercice personnel. Après avoir libéré mon esprit, de ces millle pensées, je pourrais en effet dormir apaisée, ne serait-ce que pour une heure.

Je suis tentée de le relire à souhait, pour améliorer tel ou tel bout de phrase. Mais il y a des chances que l’égo de l’utilité, décide qu’il ne faut pas publier cet article car il ne sert à rien ou il est mal écrit.

C’est peut-être le cas, et peut-être que dans un an, je le relirai en me disant que j’aurais pu faire mieux. Cela est certain. Cependant, après trois mois pleins sans écrire publiquement, peut-être qu’appuyer sur le bouton “publier” sera déjà un pas. Un pas qui me sera utile, pour me rappeler qu’écrire fait partie de moi. Ce sera utile pour reconnecter avec ceux qui suivent ce blog depuis les premières heures. Ce sera utile pour ceux qui me liront pour la première fois. Essentiellement, j’aurais pris du plaisir à faire ce que j’aime. Ce n’est pas beaucoup, mais ce n’est pas rien.

Cela peut sembler égoïste comme motifs premier, mais au fond, je sais que je ne suis pas la seule à me poser ces questions.

Ceci m’amène donc à ma conclusion. Il nous faut vivre le temps qui nous est imparti. J’insiste sur le mot vivre et je rajouterai “vivre pleinement “. N’enfermons pas nos actes dans des boîtes. Notre mission sur Terre, si nous prenons soin d’y voir plus près, nous la connaissons. Elle est inscrite dans ce que nous sommes profondément et dans les évolutions que nous apportons à notre être.

Par essence, nous sommes donc utiles les uns aux autres. Par notre vie, par les valeurs que nous incarnons, par les routines que nous bâtissons pour nous-mêmes, nous sommes utiles. Pour certains, cette utilité impactera des dizaines de personnes, pour d’autres ce sera des millions et ce n’est pas mieux ou moins bien.

En réalité, même si nous pensons être inutile, ce n’est pas grave. Vivons pleinement et donnons-nous la permission de voir venir. Quelque part, nous finirons par avoir la clarté.

Cet article m’apparaît comme un long texte de journal intime que j’ai décidé de partager au monde. Pour cette fois, en vous parlant, je me parle à moi-même. Nous sommes individuellement notre première Source de motivation. En avons-nous souvent conscience ?

Que ces quelques mots soient donc pour vous, la brise d’encouragement qu’ils ont été pour moi. Mais surtout n’hésitez pas à commenter. Sentez-vous parfois la pression d’être utile? Avez-vous la sensation de ne pas en faire assez? Comment gérez-vous ces réflexions ? Échanger avec vous ici m’a manqué. Au plaisir de vous lire.

Love, Anna.

2 thoughts on “De la nécessité d’être utile

  1. Ma mission personnelle est au coeur de ma vie et des actions que je pose. Seulement, comme toi, il y a souvent le problème de la quête vers la perfection au point d’abandonner les projets en cours. J’apprends à me défaire de cela.

    Liked by 1 person

What do you think? Let us know...

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s