amitié

Amitié aux milles facettes


L’amitié est un mot assez puissant, sans lequel beaucoup d’entre nous ne peuvent vivre. Aujourd’hui j’ai choisi d’évoquer les différentes facettes de cette expression.

Tout d’abord, une définition. Selon le Dictionnaire Larousse , l’amitié est « un sentiment d’affection entre deux personnes ; attachement, sympathie qu’une personne témoigne à une autre ». C’est aussi « la bienveillance, gentillesse, courtoise, chaleureuse manifestée dans les relations sociales, privées, mondaines ». C’est enfin « les relations entre collectivités fondées sur le bon voisinage, la bonne entente, la collaboration ».

  1. Réfléchissons à l’amitié

Ce qui me frappe tout de suite lorsque je lis ces trois définitions, c’est que si la première suppose un lien profond, la deuxième et la troisième définition mettent en exergue une action un peu superficielle. Cela représente à mon avis, les deux faces de l’amitié. Oui, ça peut être quelque chose de très fort. Cependant, elle peut aussi rester très passagère.

Tout en tenant compte de ce parti pris, je souhaite cependant, partager ma vision plus personnelle de l’amitié, et les différentes définitions que j’y donne. Avant, je vous invite à prendre un temps de réflexion personnelle. Que signifie pour vous l’amitié, comment la vivez-vous ?

  1. Mon cheminement avec l’amitié

En pensant à l’écriture de cet article, j’ai dû me poser la question. Le premier réflexe a été de chercher ici ce que j’avais déjà pu écrire sur l’amitié. J’ai trouvé deux articles. Le premier évoquait mon entourage fabuleux. Le deuxième, parlait de mes belles rencontres. Les deux étaient cependant succincts. J’ai quand même retenu que pour moi, il était important de choisir les personnes qui rentraient dans nos vies.

Si je devais, de nouveau, me poser la question sur l’amitié, je reviendrai à mon enfance. Je n’ai pas de souvenirs de mes classes de maternelle. J’ai fait mes trois années de maternelle dans la même école. Cependant, à part les photos, je n’ai aucun souvenir de cette période. J’ai su il y a deux ans à peine, que cette période avait été marquée par l’absence de mon père dans ma vie. J’ai ainsi compris pourquoi jusqu’à mes cinq ans, mon cerveau a dit « niet ».

De ce fait, le concept « amis d’enfance » n’a pas de sens pour moi, avant le primaire. Je trouve déjà que cela est un fait marquant, car l’absence de souvenir peut aussi supposer l’absence de lien fort. Toutefois, je ne vais pas prétendre être psychologue.

Lorsqu’on arrive au primaire, j’ai des souvenirs clairs. Mes amies et amis de cette époque sont pour certains restés dans ma vie jusqu’à présent. Nous ne vivons pas sur les mêmes continents. Nos échanges ne sont plus aussi réguliers. Je dirais même qu’ils sont sporadiques. Cependant, je sais pouvoir réellement compter sur eux. Je crois qu’ils savent aussi pouvoir compter sur moi. Ces amitiés me sont chères.

Je constate cependant, si je devais faire une évaluation sur la suite (collège, lycée, université) que la distance est un point commun. En effet, que ce soit moi qui sois partie ou eux, la distance physique m’a souvent tenu éloignée. Au-delà de la distance physique, il y a aussi une certaine distance tout simplement.

Ayant vécu une enfance, au sein d’une famille vivant quelques challenges, j’avais pris l’habitude de ne pas me confier. Pour moi, on ne parlait pas des problèmes de la maison. Surtout, ça ne me concernais pas. J’ai encore des souvenirs de moi à 6 ou 7 ans, qui se dit « ce sont leurs problèmes de grand ». Je reniais l’impact que ça pouvait avoir sur moi. De ce fait, je n’en parlais pas.

J’ai donc grandi avec un vécu de silence. On ne dit pas tout. On a sa sphère privée. Je crois que cela a souvent impacté mes rapports amicaux, créant un déséquilibre. En effet, on finit souvent par avoir la sensation de beaucoup donner pour peu recevoir. Or, si tu vas toujours bien, ou en donne la sensation, il y a des chances que tu reçoives moins.

En dépit de cela, j’ai la grâce d’avoir des amis, et de vrais amis. J’ai pu avoir des déceptions mais c’est le cycle de la vie. Mes différents vécus m’ont permis de visualiser plusieurs dimensions de l’amitié. Ce ne sont que des opinions, non des vérités scientifiques.

  1. L’amitié comme famille

« Les amis sont la famille que nous choisissons pour nous-mêmes ». Cette citation de l’auteure américaine Edna Buchanan, précise assez bien ma pensée.

Les amis sont en effet des personnes qui deviennent des parties prenantes de notre intimité. Ils sont là pour les bons et les mauvais moments. Nous leur racontons ce qui nous amuse, nous chagrine, ou nous comble de joie. Ils font de même avec nous.

En décembre 2020, j’ai eu le plaisir de revivre cela pour un ami. Nous étions invités à son mariage traditionnel. C’était une réunion grandeur nature, d’anciens élèves et de potes. L’ambiance était au maximum, et il y avait cette simplicité qui existe lorsqu’on se connait depuis longtemps. La joie pour lui était réelle, sans chichis. Nous n’avions d’ailleurs pas hésité à nous déplacer, hors de notre ville de résidence.

Les invités de ce mariage étaient essentiellement la famille et les amis. En somme, c’était donc la famille !

La beauté aussi des amis qui deviennent comme la famille c’est que cette amitié ne nécessite pas qu’on se voit tous les jours. Elle nécessite encore moins de se parler en permanence.

Les liens tout comme ceux du sang, sont déjà imprimés au plus profond de nous. Pour ceux que je peux définir comme « ami de longue date », il en est ainsi. Certes, je ne recherche pas toujours leur franc soutien. Ainsi, quand j’ai perdu mon père, je suis restée silencieuse pendant des semaines. De ce fait, je ne leur ai pas donné le temps de s’organiser autour de moi. Certains n’ont même pas su.

Toutefois, dès qu’ils ont su, ne serait-ce que par leurs mots, leurs messages, les appels, ils ont été là. Une véritable famille en somme.

  1. L’amitié comme un carburant

La deuxième dimension selon mon vécu de l’amitié, c’est se surpasser. Ainsi, « pour aller vite, marche seul, pour aller loin, marche avec les autres ». Ce proverbe africain résume très bien cette vision que je partage.

Lorsque je souhaite lancer un projet, ou que j’ai une idée, j’ai des amis précis que j’appelle systématiquement. Ce ne sont pas toujours ceux qui me diront « SUPER », mais ils seront toujours vrais. Ils vont me donner des conseils constructifs, des idées supplémentaires et toujours je pourrai me développer assez rapidement.

Ainsi, l’amitié est un carburant pour se développer dans la vie. Cela suppose donc que l’amitié se construit et se choisit.

Si on revient à la définition du Larousse, qui suppose un sentiment d’affection entre deux personnes, cela fait du sens de se soutenir.

Le soutien ne s’arrête pas à la peine, aux joies, mais c’est vraiment un soutien pour aller au maximum de nous-mêmes. Les amis peuvent ainsi être les premières personnes qui nous accompagnent dans nos cheminements.

Il faudrait aussi noter qu’on a des amis pour les différentes aires de développement de notre vie. On a l’ami qui partage notre passion pour la lecture par exemple, et avec qui on peut organiser des défis.

L’amitié est donc pleinement un espace de croissance et de développement, si on sait accepter les apports que veulent et peuvent nous donner ceux qui comptent dans notre cercle amical, nous pouvons ensemble aller très loin.

Cependant, il n’est pas toujours aisé de rencontrer ce type d’amitiés. Parfois, la jalousie et les mauvais conseils vont se mêler à la volonté réelle de nous aider à grandir. Il faut donc savoir faire la part de choses.

  1. Les amitiés ne sont que des échecs

Cette crainte du donner pour ne rien recevoir, ou de l’hypocrise, crée souvent les échecs. En ce qui me concerne, je peux ainsi reconnaître que certaines amitiés n’ont pas fonctionné.

Généralement, dès le départ, comme en amour, il y a eu des petits gestes, des petits actes qui pouvaient pousser à s’interroger.

Cependant, on ne fait souvent le lien que lorsqu’il est trop tard. Ca peut être quand on découvre tous les mensonges qui étaient dits sur nous. Ca peut aussi être dans une période difficile lorsqu’on se rend compte qu’on est seul.

L’échec ou la déception amicale est généralement très douloureux. Cependant que peut-on y faire, à part apprendre ?

L’amitié est une relation humaine et s’il y a bien une chose que j’ai appris avec le temps, c’est à mesurer mes attentes. Le moins on n’attend de quelqu’un, le mieux on se porte.

Si on est capable de faire la part des choses dans le milieu professionnel, on devrait aussi le faire dans nos relations privées et notamment nos relations amicales.

Lorsqu’une amitié échoue, je prends aussi le temps de me remettre en question. Je cherche à comprendre ce que j’aurais pu faire différemment, c’est ainsi que je grandis.

Si j’ai donc utilisé le terme « échecs », pour moi, il n’y a pas véritablement d’échec dans les relations humaines. Il n’y a que des leçons et l’opportunité d’être la meilleure version de moi-même. Pas de regrets ,

  1. L’amitié comme évolution

Etre la meilleure version de soi, suppose donc qu’on évolue avec nos amis. Au fur à mesure qu’on change, on a besoin de revisiter parfois notre cercle d’amis. Comme je l’ai mentionné plus haut dans la section « l’amitié comme un carburant », nos amis accompagnent nos changements. En fonction de ce qu’on décide de faire, de la manière dont on vit, certains amis vont rester (depuis l’enfance), mais d’autres vont devoir disparaître ou alors, faire leur apparition.

Avec nos amis donc, nous nous transformons. Les entendre nous parler, nous donner leur avis, est une source d’apprentissage.

En ce qui me concerne, j’ai ce mix. Certains de mes amis sont les mêmes depuis le primaire. D’autres, rencontrés au hasard de mon expérience professionnelle sont là depuis près de dix ans, et sont toujours d’aussi bons conseils. En fonction du sujet qui me préoccupe, du défi que je veux me lancer, je sais vers qui aller.

Mes amis m’ont permis à une période où je n’avais pas la force intérieure qu’il fallait, d’avancer, car ils croyaient en moi au maximum. Aujourd’hui, plus sereine, ce sont aussi ceux à qui je peux rendre l’ascenseur en étant leur meilleure fan et conseillère.

En amitié, ce qui est certain, nous évoluons toujours.

  1. Les amitiés sont comme la vie, elles viennent et s’en vont

Eh oui, tous ceux qui rentrent dans nos vies, n’ont pas vocation à y rester pour toujours. Ainsi, accepter la notion cyclique de l’amitié est un principe qui permet de rester positif. Une amitié peut se terminer sans fracas, sans colère et c’était juste sa destinée.

Nous rentrons dans les vies les uns des autres, pour des buts bien spécifiques. Il ne faut pas s’inquiéter lorsque les gens partent. Ce n’est que le cycle de la vie. Certains partiront simplement d’eux-mêmes. Parfois, c’est la mort qui nous les arrachera.

Quelque soit le cas de figure, nous devons cultiver le détachement, et la gratitude. Pour ma part, je prends ce qu’on me donne et j’apprends à en profiter pendant que je l’ai. Tout peut s’arrêter à tout instant et je m’efforce dans la vie, en amour et en amitié, de vivre sans regret.

Je vous y invite ardemment. Cultivons le détachement et la reconnaissance pour une vie plus paisible. Placer des attentes trop importantes en l’autre, c’est risquer la déception, mais surtout peut-être et souvent être trop dur avec lui ou elle. Vivons tout simplement !

En conclusion, l’amitié dans nos vies peut prendre plusieurs facettes et avoir différents buts. Ce qui reste essentiel en tout temps, c’est de cultiver le bonheur. Ceci signifie apprendre à donner du bonheur et à le recevoir. Et vous, que pensez-vous de l’amitié ? Vous vous retrouvez dans ces différentes facettes ? Parlons-en.

Love, Anna

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