Cinderella

Cendrillon ne vit plus en nous


En Septembre 2009, je terminais mes études universitaires et j’avais commencé après mon stage de fin d’études, mon premier vrai boulot. Et de ce moment, du haut de mes 23 ans, j’avais commencé à envisager ma carrière et ma vie de famille. J’envisageais avant mes 30 ans d’avoir eu trois enfants, un mari, et être à mon compte. Le roadmap n’était pas clair, et je me disais que ce n’était pas si important que ça, l’essentiel était de l’avoir envisagé.

J’avais aussi la naïveté de croire que mon petit cheminement personnel, et les nombreux conseils reçus des tatas, de ma mère, et la vie des grande-sœurs mariées autour de moi, m’avaient donné suffisamment d’éléments pour savoir ce qu’il y avait autour du mariage et comment atteindre cet objectif.

A 34 ans, dans dix jours, je reconnais que j’étais probablement ivre, sourire. En effet, le cheminement vers la personne que je regarde aujourd’hui, ou plutôt pour récupérer l’être que j’étais depuis la naissance, a été une épopée de longue haleine. Ce que j’en ai compris entre mille autres choses, c’était que je n’étais pas prête pour ces rêves que j’avais.

Je pensais qu’être mariée allait de soi, je pensais qu’être maman allait de soi et je ne faisais rien de concret au jour le jour pour me préparer réellement à vivre ces expériences. D’autre part, je me comportais sur d’autres plans comme si la non-atteinte de ces objectifs faisait de moi une personne incomplète. Ca ne se voyait pas souvent en public (ou peut-être que si va savoir au fond), mais dans tous les cas, je faisais beaucoup pour le masquer.

Puis, petit à petit, plusieurs de ces objectifs sont devenus moins que des priorités. Faire un enfant n’était plus une course, et le mariage au fil des épreuves et des expériences, a cessé d’être ce Saint Graal que je définissais pour moi-même. Je pouvais me convaincre que la définition de ces objectifs ne répondaient pas à un conditionnement culturel, cette sensation qu’une femme n’est pas cela n’est pas grand-chose d’autre. Je veux le croire, et je l’ai longtemps cru. Cependant, je ne pourrai en juger à 100%

Ce qui est cependant assez amusant de constater c’est que si la société nous prépare/invite en tant que femme à rechercher mariage et enfants, elle ne nous prépare que très rarement à ces différents rôles. Tout au plus, on nous rappelle qu’il faut être une bonne épouse, respecter sa belle-famille, écouter son mari, faire la cuisine, tenir sa maison, et on nous « forme » à cela. Je ne pense pas avoir profondément échappé à la règle. On m’a aussi appris cependant à considérer mon travail comme mon premier mari, à être indépendante et à avoir des valeurs et principes forts.

Tout ceci fait partie des éléments de préparation à la vie, et à une certaine réussite mais la préparation au rôle de mère et d’épouse, et tout simplement à ces aventures n’est pas tout aussi facile.

Lorsque j’ai appris en 2016 que j’étais maman, j’ai essayé d’identifier dans ma tête le type de maman que je voulais être, les ressources que j’avais pour cela et celles que je n’avais pas, et j’ai commencé à les bâtir. J’en parle un peu plus longuement ici. Je le ferai d’ailleurs encore, tant le sujet est vaste.

En ce qui concerne le mariage par contre, j’ai toujours vraiment cru que pour moi ça allait de soi et que je saurai y faire. Lorsque ma fille est née, c’est aussi devenu une de mes préoccupations, vouloir comprendre, me pencher sur le sujet du mariage ou des relations hommes-femmes plus simplement.

J’ai donc commencé à lire sur le sujet et inspiré par mon évolution spirituelle, j’ai aussi axé mes lectures de départ dans le cadre du mariage dit « chrétien ». Il peut y avoir des principes spécifiques, dont je vous reparlerai. J’ai à cet effet lu plusieurs livres qui pourraient me permettre de faire même une dizaine d’articles pour aborder des points spécifiques. Mais, jusque-là ça n’allait pas.

Je lisais pour appliquer, je lisais pour réaliser et le fait de ne pas être mariée, avait commencé un peu à me bouffer.

Je lisais pour appliquer, je lisais pour réaliser et le fait de ne pas être mariée, avait commencé un peu à me bouffer. J’avais la sensation que quelque chose ne fonctionnait pas ou que je n’avais pas tout réalisé. Et puis il y a toujours ces petites remarques involontaires, des uns et des autres : « tu verras quand tu seras mariée », « tu ne peux pas comprendre tu n’es pas mariée », «  ah, tu n’auras plus autant le choix quand tu seras mariée », « mais finalement, tu envisages quand même de te marier, etc.. », ou encore « tu as tout ce qu’il faut pour être une bonne épouse, je ne comprends pas pourquoi tu es encore seule. C’est sûr que c’est toi qui doit chasser les gens ». Ces remarques venaient conforter mon égo dans ses errements  qui se résumaient à : « tu n’es pas mariée, tu as échoué. ».

Enfermer un cheminement de vie dans un simple match de « qui perd gagne » ne pouvait pas me mener très loin. Toutefois, je peux vous assurer que bien que ce soit évident, il m’a fallu un moment pour m’en rendre compte. Comprendre que ce qui clochait, ce n’était pas l’objectif ou le rêve mais mon approche.

La vie pour moi est une succession d’expériences dont il est essentiel de ne garder que le positif. C’est d’ailleurs le leitmotiv d’une grande partie de mes partages sur cette plate-forme. Si je devais donc conserver le positif de ce désir de mariage, c’est que c’était avant tout un idéal, pas une priorité, pas une obligation.

Je me suis rappelée des belles choses que je voyais du mariage non par formatage mais par appréciation/envie/volonté : vie d’équipe, partage, amour. Ayant donc compris que je pouvais me considérer libérer d’un certain formatage et d’une pression absolue dans ma tête pour réaliser un objectif, j’ai pu m’intéresser de nouveau librement au sujet, il y a quelques mois.

Je dis librement car j’avais enfin accepté, intégré, réalisé que j’étais heureuse avec ou sans mariage, sans copain, sans gars. J’avais accepté que ça fasse un moment déjà que ça durait et je ne m’en portais pas plus mal. Je le répète, le bonheur comme l’amour d’ailleurs est un choix. C’est un état qu’on nourrit et pas une chose qui nous arrive grâce à çi ou ça.

Ayant accepté cela, j’ai aussi accepté quelque chose de plus évident encore, tout s’apprend. Mieux encore, toute nouvelle compétence est bonne à prendre. De ce fait, que je me marie effectivement ou non, que ça demeure une priorité ou pas, je pouvais m’y préparer.

Pour dire vrai l’association mentale n’a pas été aussi évidente. Au mois de Novembre, je rentrais dans un groupe de prière de femmes chrétiennes qui avaient décidé de prier pour leur mariage. La plupart étaient déjà mariées et voulaient un espace pour s’entraider et se soutenir spirituellement. Cependant, il était ouvert aussi à des aspirantes au mariage. J’y suis donc rentrée en mode « dernier recours » persuadée qu’au bout d’un mois de prières ardentes, je trouverai la solution magique pour atteindre cet objectif qui me turlupinait de plus en plus. (J’aime le mot « turlupiner » depuis que je l’ai découvert dans une chanson de l’artiste camerounais Donny Elwood #dédicace).

Un mois après, j’étais même sûre de l’avoir trouvé et d’être à la porte du mariage. J’étais excitée, dynamisée, et j’ai vécu le mois de Décembre sur un petit nuage. Puis, j’ai réalisé en 2020, que tout n’était pas aussi simple. Je me suis rendue compte que certaines évidences pouvaient bousculer des apparentes certitudes.

En décidant de vivre pleinement sur un certain nombre de plans, le mariage a finalement perdu de son glamour. Pire, je me suis rendue compte que je pouvais envisager de m’en passer. Ce n’était plus important ou plutôt essentiel !

Ceci nous ramène à la déclaration faite plus haut. Sachant que je ne le mets plus au centre, rien ne m’empêche de m’y préparer. Ben oui, j’aime apprendre, découvrir et j’avais donc l’occasion de me développer dans un nouveau domaine pour le simple plaisir de le faire, sans pression, sans obligation, juste pour ma satisfaction personnelle.

Dans la vie il y a des milliards de manières d’apprendre mais deux outils m’ont beaucoup aidée : la vie elle-même (les expériences en somme) et les livres. Les livres sont des amis. Ce que j’aime particulièrement c’est qu’on peut à n’importe quel moment revenir dans un livre, le relire même si nécessaire.

Dans le groupe de femmes que j’avais rejoint, l’une des ressources partagées le plus souvent c’était bien des livres. Je les avais tous enregistrés, une dizaine de livres en français et anglais, dédiés à mon nouveau sujet d’étude, le mariage.

Dans cette nouvelle bibliothèque, un titre a particulièrement attiré mon attention «  Qu’est-devenue Cendrillon ?, L’Art de vivre heureuse à jamais ». Quelle belle figure de style. Trop souvent en effet, on envisage le mariage comme un conte de fées, avec prince charmant et charmante princesse. Cendrillon en est l’un des meilleurs exemples. C’était donc une belle occasion a priori (selon les titres) de casser des préjugés ou non.

Le livre est écrit par Denise Renner, une femme chrétienne qui partage ses combats et ses difficultés au sein du mariage ou plutôt dans sa perception initiale de cette institution. Au travers de sa propre expérience et de celles de femmes qu’elle a pu accompagner, elle m’a permis de revoir ma perception sur plusieurs aspects du mariage et je trouve que plusieurs d’entre eux valent la peine d’être partagés. Je crois aussi qu’elle m’a renforcée dans la certitude que le mariage, on ne coûte vraiment rien à l’apprendre. C’est plus intéressant que de tomber comme dans une soupe le jour J.

Plusieurs réflexions donc, et bien que le livre soit d’inspiration chrétienne, je m’efforcerai d’universaliser mon ressenti

  1. L’Homme ne change pas l’Homme, c’est Dieu qui nous change

Lorsque nous rencontrons un être humain autre que nous, que ce soit dans le cadre professionnel, amical, familial ou amoureux, nous pouvons être très facilement enclins à un jugement ou à minima à évaluer l’autre. Un tel est comme çi, un tel est comme ça, j’apprécie telle attitude, je n’aime pas tel autre etc.

Dans le cadre plus spécifique des relations amoureuses, nous avons homme comme femme, très souvent tendance à vouloir que l’autre se rapproche de notre idéal. Peut-être mon vécu entre deux êtres qui se sont séparés, m’a très tôt amené à penser le contraire. En effet, dans ma perception de la relation amoureuse, j’ai très souvent pensé que « aimer » signifiait véritablement accepter l’autre tel qu’il est avec ses qualités et ses défauts. Ceci m’a mené plusieurs fois à la rupture car dès que j’avais la sensation que je ne pouvais vraiment pas tolérer tel ou tel défaut, je pensais plus logique de partir.

De même la phrase très souvent entendue dans mon environnement « c’est la femme qui fait l’homme », m’a de ce fait toujours paru à tout point bizarre. En rentrant dans ce livre, j’ai découvert que je n’étais peut-être pas dans le faux.

Ce que j’ai retenu et apprécié ici, c’est que chaque être humain est « Lui-même ». Si tu viens te mettre avec quelqu’un pour le pousser à devenir celui que tu souhaites qu’il soit, c’est se substituer à l’entité tutélaire.

Dans un couple marié, il est légitime de souhaiter voir l’autre changer, s’améliorer mais il est totalement contre-productif de se focaliser dessus et surtout de devenir la personne qui voudra le pousser à changer. On ne change pas pour l’autre, et surtout on change en fonction de sa destinée.

Ainsi, rester positive, constructive et soutenir l’autre plutôt que le critiquer en permanence est beaucoup plus efficace. Et si nous ne pouvons pas nous en empêcher, peut-être n’avons-nous pas choisi la bonne personne.

En effet, et comme le dit Mme Renner, trop souvent nous venons vers l’autre avec la liste de ce que nous voulons voir l’autre faire. Mais en réalité, qui sommes-nous pour dicter ou transformer un autre être humain ? Si on se dit que l’être humain est une créature parfaite, en quoi pouvons-nous juger de l’imperfection ?

On pourrait croire que ce point nous incite à tolérer tout et n’importe quoi de l’autre. Je pense cependant qu’il s’agit plutôt de prendre le temps nécessaire AVANT pour découvrir réellement celui avec qui on envisage de passer notre vie. Ce temps ne se définit pas forcément en jours car il n’y a pas un laps de temps standard pour identifier les traits clefs de la personnalité d’une personne. Cependant, quel que soit ce temps, il faut le prendre. Ainsi, si nous ne nous sentons pas en adéquation dès le départ avec l’autre, autant prendre l’air lol.

Pour ceux d’entre nous qui sommes chrétiens, je retiens aussi qu’il est vain de chercher en l’homme ce que l’entité suprême doit pouvoir nous apporter. Il est vain de penser qu’un être humain est créé pour remplir nos manques, il ne faut pas trop en demander. Car à bien y regarder, nous ne pouvons pas remplir les siens non plus à la perfection.

Oui, nous sommes des êtres humains donc imparfaits par nature. Ne cherchons donc pas la perfection, et lorsque certaines imperfections nous gênent, rappelons-nous que nous n’en sommes pas à l’origine et ne pouvons donc totalement agir dessus. En ce sens, il est simple de pardonner.

  1. Le respect n’a pas la même signification pour tous.

Très souvent en tant que femme, et je ne sais pas si d’autres se retrouveront, lorsque je parle de respect, je parle surtout d’amour. Si mon chéri m’aime, il ne me trompera pas. Si mon chéri m’aime, il sera attentionné. Si mon homme m’aime, il prendra en compte mes avis, me sollicitera.

Par contre, je ne me suis pas souvent demandée ce que veut dire le respect. J’ai toujours pensé que respect allait de soi. En lisant le livre, j’ai revu certaines situations qui m’avaient été propres. En l’occurrence, moi perdant mes moyens et criant, moi faisant des scènes en public, moi rentrant dans des longs débats inutiles alors que j’aurais pu dire « ok ». Je me suis rendue compte que le respect n’était pas toujours allé de soi.

En somme, dans des moments que j’avais considérés comme sérieux, j’avais reçu du respect mais je n’en avais pas forcément donné en retour. Et je me suis trouvée comme ayant quelque chose en commun avec les témoignages du livre. Très souvent, on blesse sans même le savoir.

  1. Le cœur léger, c’est important

Ca je l’avais appris par moi-même mais l’entendre dire par quelqu’un d’autre, c’était comme un doux rappel. Pour évoluer vers l’autre, et vers les autres en général, il faut savoir pardonner.

On le dit souvent, mais dans la pratique ce n’est pas toujours aussi facile. J’ai longtemps été de ceux qui préféraient s’accrocher à leurs douleurs, à leurs peines comme à des bouées. Notamment, lorsqu’ on a été victimes de violences, c’est plus facile de garder de la rancune. Il est bien plus courageux de décider que rien de cela ne nous définit uniquement et que l’autre nous a même rendu un service.

De toute peine, on gagne en apprentissage. Donc même lorsque l’être aimé nous blesse, nous avons la possibilité de pardonner pour avancer sereinement. Autrement, nous devenons pénibles. Et c’est là où intervient ce que moi je combats personnellement, on commence à « supporter », au lieu de « profiter ». Le voyage doit rester une aventure, un cheminement pour faire un avec une autre personne. On ne peut pas s’encombrer sur ce chemin de fardeaux qui nous minent, et minent nos échanges avec l’autre.

L’œuvre de Denise Renner est forcément pleine d’autres enseignements que vous pourrez découvrir en allant chercher le livre.  Mais en ce qui me concerne, il a vraiment été une étape simplement dans mon chemin d’apprentissage et de développement sur cette compétence de vie qu’est le rôle d’épouse. A date, je ne sais pas si je me marierai demain ou après-demain. Ca devient même de moins en moins un objectif premier, comme je l’ai dit en introduction.

Cependant, je suis heureuse d’apprendre et de partager avec vous mes leçons. Au fil de mes lectures, ce ne sera donc probablement pas le dernier article consacré aux relations de couples ici. Mais pour un début ça a été un plaisir de prendre le temps de mettre des mots sur des réflexions qui se baladent dans mon esprit depuis quelques semaines désormais.

Maintenant, il est temps de rejoindre la conversation. Et si on se parlait ? Les commentaires sont ouverts, mais on peut aussi se retrouver sur Facebook, Twitter ou Instagram. A très bientôt.

Love,

Anna.

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