Apprenez à vous taire


La vie quand on devient adulte, c’est une série d’apprentissages journaliers qui souvent sonnent comme des petites gifles. En voici un : taisez-vous.

Quand j’étais enfant, et je découvrais par hasard en me réveillant en pleine nuit que mes parents avaient eu une de leur énième dispute, je faisais mon analyse mentale et je me rendormais simplement. Je n’en parlais jamais, ni à la nourrice, ni à ma mère et encore moins à mon père. Tout au plus, je me parlais à moi-même et parfois j’écrivais.

A l’adolescence, j’ai réalisé que parfois, il pouvait arriver à ma mère de pleurer toute seule la nuit. Maman divorcée et généralement célibataire de quatre enfants, les raisons d’en avoir marre pouvaient être nombreuses mais elle n’exprimait jamais publiquement sa douleur ou ses peines. Elle pleurait, elle se réveillait et elle avançait. Seule son humeur exécrable pouvait laisser à penser qu’elle avait vécu une difficulté quelconque.

Et personnellement, j’ai grandi comme ça, ne disant rien, gardant tout pour moi, et gérant mes difficultés, mes peines toute seule. Mes amies proches peuvent compter le nombre de fois où je me suis vraiment ouverte sur des peines amoureuses. Ça pouvait me tuer mais je gardais pour moi.

A l’âge adulte, ou du moins rentrée dans le monde du travail, j’ai fait l’erreur une fois de parler. Hum. Je ne vous raconte pas le “dikalo” de ça. Retour au silence plus ou moins, ou plutôt à la parole qui ne dit jamais rien de profond, qui donne la sensation de se dévoiler alors qu’il n’en est rien.

J’ai gardé pour moi, j’ai appris à me taire mais ça a fini par se voir. Ça a causé tout ce que ça a causé, j’ai avancé et j’en suis sortie, mais j’avais appris une chose, parfois il faut parler pour éviter de sombrer.

Récemment, j’ai donc recommencé à parler. J’ai pensé que c’était important et j’ai appris difficilement d’ailleurs à demander de l’aide. Mais au final, c’est très particulier de le dire ainsi mais je crois définitivement qu’il faut apprendre à se taire.

Il faut se taire lorsqu’on a pas toutes les cartes en main. Il faut se taire lorsqu’on est pas sûrs d’être prêt pour la réponse qu’on va recevoir. Il faut se taire car on est pas tout seul à souffrir et que les autres souffrent parfois plus que nous mais gèrent. Il faut se taire parce que sans le vouloir, on peut devenir égoïste. Il faut se taire parce que la parole est d’argent et le silence est d’or.

Moi je l’ai donc appris à mes dépends mais au final c’est souvent comme ça qu’on apprend. Taisons-nous et ne parlons que lorsque nous n’avons vraiment pas le choix. Privilégions l’introspection. Prenons le temps de décoder nous-mêmes ce qui ne va pas, nous en ressortirons plus fort et si vraiment on n’y peut rien et qu’on a plus de force, allons directement vers un professionnel (psychothérapeute) car lui au moins-ce c’est son travail d’écouter.

Sur cette note, je vous souhaite un bon début de semaine dans la paix et la joie. Cherchez les deux en prenant le temps, vous finirez par les trouver. Ou bien?

Love, Anna 🌹

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4 thoughts on “Apprenez à vous taire

  1. Une fois de plus merci pour ce beau message qui tombe a point nommer pour cette fin d’année. Parce qu’il faut bien que je l’avoue je suis trop bavarde mais j’ai eu trop de problèmes avec ma langue pendue si bien que j’avais deja pris la résolution de me taire. Et ce message confirme mon idée

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