Le Changement c’est nous


Nous sommes le 25 Décembre, jour de Noël. Comme je le disais hier, c’est aussi venu le temps d’une bienveillance accrue envers nos compatriotes terriens.

Dans la vie citoyenne (oui, je vois des liens partout), cette bienveillance appelle un autre changement chez moi : agir plus, critiquer moins.

Je vois déjà d’ici les yeux interloqués qui regardent les lignes écrites ci-dessus. Cependant, je persiste et signe : agir plus, critiquer moins. C’est avant tout pour notre bien-être individuel. Je vous met en situation.

Vous vous levez au matin, dans un certain coin de l’Afrique. Devant votre porte, il y a cette poubelle publique qui n’a pas été vidée depuis une dizaine de jours. Les déchets s’amoncellent devant votre porte, tout est devenu irrespirable. Que faites-vous ? Vous « critiquez ». Oui, triste pays, où rien ne marche, même pas le ramassage des ordures. Que ferons-nous ? Nous allons être malades, etc. Voici toutes les réflexions que vous pouvez vous faire. Puis, vous prenez votre téléphone, vous prenez une photo et vous la postez sur Twitter ou Facebook. Il faut que le monde partage votre souffrance et confirme que vous vivez dans un pays de m**** !

Ok. Après toutes cette critique, pensez-vous réellement que votre situation changera d’un iota ?

Quel est le pourcentage pour que ça arrive ? En effet, le problème semble être généralisé dans la ville dans laquelle vous vivez. Une fois tous les commentaires compatissants reçus, que restera t-il de votre frustration ? Je peux d’ores et déjà vous le dire, elle sera plus forte. Pourquoi ? Car, malgré la visibilité accrue, rien n’aura probablement bougé. De surcroît, vous aurez mis une humeur négative dans votre semaine.

Je vous propose un deuxième exemple. Vous êtes dans un quartier chaud de la cité. Vous marchez dans la rue, sans vous soucier de ce qu’il y a autour. Probablement, vous avez un casque et écoutez de la bonne musique. Puis, subitement, une sensation désagréable, une pointe de couteau dans l’omoplate. Vous vous retrouvez nez à nez avec ce jeune homme qui visiblement veut tout vous prendre. Puis, vous le lui remettez.

Cependant, son manège a attiré l’attention et vous avez crié au voleur.

Il est rapidement arrêté par une foule hargneuse. Des conducteurs de moto-taxi se réunissent autour de lui ainsi que de nombreux autres passants. La bastonnade commence mais avant, on vous demande de le reconnaître. Vous récupérez vos biens, et apeuré, vous vous enfuyez, le laissant à son sort. Juste un détail : la semaine dernière, vous êtes tombé sur une vidéo de vindicte populaire. Vous avez écrit de longs commentaires pour dénoncer ces actes. Vous avez même eu des altercations virtuelles avec d’autres internautes qui vous signalait que « vous ne pouvez pas comprendre ce que ça fait ». Des discours bien pensé, bien rédigés (comme les miens ici, vous me direz) mais devant la réalité, qu’avez-vous fait ? Vous me répondrez que la foule vous aurait pris à partie. De même, vous me direz que vous n’aviez pas le temps d’aller au commissariat qui était à 5mns à pied. Et puis, « votre pays, c’est votre pays, ce n’est pas vous qui changerez les choses ». Au fond de vous-mêmes, comment vous sentez-vous réellement ?

Troisième et dernier exemple. Il parait que dans votre coin du monde, les élections sont proches.

Dans toutes vos conversations, à caractère politique, vous vous plaignez de tout. Rien ne marche. La corruption est immense. La santé ne fonctionne pas. On est emprisonnés par un pouvoir qui ne pense qu’à lui. En somme, rien ne sert de vivre dans ce pays. Pourtant, vous y vivez. Mieux, vous y vivez bien. Vous travaillez dans une multinationale de la place. Vous avez un salaire à six chiffres. Certains vous appellent « cadre ». Grâce aux conventions collectives signées dans votre entreprise (et rendues possible par le respect du droit du travail), la couverture-maladie est optimale pour vous et vos ascendants directs. Mais depuis quelques temps, dans cette entreprise, vous faites partie d’un système de rétro-commissions. Pour qu’un fournisseur obtienne un marché, il doit vous graisser la patte. Ca fait deux ou trois ans que ça dure, et grâce à ça, vous êtes sans aucun prêt, en train de construire une immense maison en banlieue. Vos enfants vont dans des écoles primaires où la scolarité est à 7 chiffres. En effet, le système local (que vous avez pourtant fait) serait trop pourri et vous voulez leur donner les meilleures chances dès l’école maternelle. Lors de vos moindres congés, c’est au minimum 6000 kilomètres, vers les contrées européennes. De votre pays, vous ne connaissez que votre lieu de résidence et votre village. De toute façon, vous avez regardé des options de logement, et vous les trouvez inutilement chers. Chez vous, tout est importé, jusqu’aux meubles. Pas question de consommer du local, c’est de trop mauvaise qualité. Enfin et surtout, lors des dernières élections présidentielles, vous n’avez pas voté. Vous trouviez que c’était inutile, et en vue des prochaines élections, vous n’avez toujours pas de cartes d’électeurs. Comment arrivera le changement tant attendu selon vous ?

Comme vous pouvez le constater au terme de cette lecture, j’ai volontairement grossi de nombreux traits. Ces trois exemples ne sont pas représentatifs de l’ensemble de la société mais ils sont sans aucun doute réalistes. Ici j’ai volontairement mêlé hyperbole et satire (j’ai pris un tout petit peu de mes pères Mongo Beti et Ahmadou Kourouma. Digression faite pour vous dire, encore et toujours que le changement c’est NOUS.

L’homme providentiel viendra peut-être, mais en attendant son arrivée, il y a beaucoup à faire. De fait, commençons par le faire. Je salue ici tous ceux qui agissent déjà à leur manière : 237 Happiness Community (j’ai été heureuse de soutenir cette année), KF HEART (en 2018, je pourrai enfin contribuer), ELLE CITOYENNE (Copine, on est ensemble), Carole LEUWE (la mère, je vois seulement tes choses et ça donne envie), ma propre mère et son combat pour l’autisme (une source intemporelle d’inspiration).

En 2018, je chercherai encore plus de ces initiatives dans tous les domaines et entre autres j’en parlerai ici. Ca sera aussi pour moi, un chemin vers plus d’action, moins de remontrances et moins de critiques. Je me répète encore : LE CHANGEMENT C’EST NOUS.

Des avis ? Des initiatives à mettre en lumière ? Je vous attends en commentaire ici, sur Facebook ou sur Twitter. Dans tous les cas, Joyeux Noël encore.

Love, Anna♥

PS : Le nouveau challenge passe vite, on est au jour 3 ou 4, je ne saurais vous dire. On avance seulement.
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