Donner un travail, est-ce de l’aide?


Le billet du jour s’adresse aux jeunes âgés de 18 à 25 ans, étudiants, Camerounais ou Africains (car ils semblent tous avoir besoin d’aide) et qui se définissent comme en recherche d’emploi, de stages et/ou toute autre forme de rémunération.

Mes chers amis, pour vous j’ai une question, qui se veut ironique ou humoristique. Si on parlait Pidjin*: “My pikin, na who dey tell you, na work dey for support?”. En d’autres termes, pensez-vous que vous offrir un boulot, un stage, une oppotunité devrait s’apparenter à de la charité chrétienne? 

A l’initiative de ma question, l’analyse d’un certain nombre de comportements, généralement observés dans le monde des étudiants chercheurs d’emploi.

  1. Je suis diplômé

Après avoir obtenu mon baccalauréat, je me suis inscrit en université, en école d’ingénieur ou de commerce, ou tout simplement en institut de formation supérieure. Je suis en niveau BTS, Licence ou Master et pour y arriver, j’ai la plupart du temps, dû dépenser de l’argent. J’ai dû me sacrifier ou/et mes parents aussi.

  1. J’ai du potentiel

Oui, j’ai un diplôme et il serait bon que je l’ai choisi en fonction des opportunités sur le marché du travail et de mes intérêts ou passion. Cela signifie que j’ai emmagasiné des connaissances. J’ai aussi pu acquérir par mes propres recherches, des formations supplémentaires.

De même, j’ai un potentiel humain que j’ai pu démontrer dans mes activités associatives (même la réunion du village), dans les travaux de groupe au collège ou à l’université, mais aussi dans ma famille.

Je suis un bon élève (ou pas) et je ne suis certainement pas bête. Oui, j’ai du potentiel.

Les points 1 et 2, confirment qu’il y a potentiellement des raisons de m’embaucher. Alors, pourquoi me présenter ou me positionner comme si je demandais une faveur, une aide, un coup de main?

Car VOICI CE QUE J’AI EN FACE DE MOI

  1. Une entreprise, avec des objectifs ambitieux de croissance à atteindre (qu’elle soit une multinationale ou une PME)

Cette entreprise ouvre donc des postes qui doivent lui servir à trouver les ressources adaptés, les employées performants qui lui permettront d’atteindre les objectifs qu’elle s’est fixée. La problématique de recrutement est donc très simple: performance et potentiel. La charité, les affinités, ce sont des raccourcis qui ne peuvent marcher pour aucune entreprise sur le long terme.

Ainsi chers amis étudiants, la question se pose à nouveau: pourquoi envisager votre recrutement prochain sous le prisme d’un service à vous rendu? J’espère vous avoir fait comprendre que la problématique est de Se VENDRE, se DEMARQUER, d’ATTIRER par votre compétence, votre ambition. Il faut avoir CONFIANCE en vous et JAMAIS faire pitié. De ma petite expérience, j’ai rarement vu des recrutements faits pour cette raison. On peut encore admettre la corde de l’affinité, des relations, mais certainement pas celle de la charité chrétienne.

Le Cameroun, l’Afrique regorge de talents pour tout recruteur qui veut prendre le temps de le trouver. Alors, réveillez-vous chers amis. Soyez de ces talents qu’on s’arrache. Développez vos compétences, mettez en valeur votre profil et au grand jamais, abstenez-vous de faire pitié. Ce n’est ABSOLUMENT pas un argument de recrutement. Autrement, il est à parier que le chômage frappera à votre porte.

Mais au-delà de ça, que peuvent être les autres barrières réelles à l’obtention d’un emploi? Qu’est-ce qui au final peut encourager les uns et les autres à utiliser la “charité” comme un argument de vente? Vos opinions sont les bienvenues.

Love, Anna♦

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19 thoughts on “Donner un travail, est-ce de l’aide?

  1. Comme pour le mariage, je dirais qu’il y’a la théorie et il y’a la pratique. Et soyons honnêtes, dans la réalité camerounaise d’aujourd’hui, malheureusement très peu d’entreprises recrutent de façon transparente. Ce n’est pas de la faute de ces entreprises, mais des personnes qui occupent ces responsabilités et qui pour certains vont avantager certains candidats à d’autres. Donc quand oui, quand tu as un bac + 4/5 de l’une des meilleurs universités du pays, et que tu es l’un des tous meilleurs de ta promo et que malgré ça tu passes plus d’un an à postuler et à ne même pas être convoqué pour le moindre entretien pendant que d’autres sont recrutées sans qu’il y’ait eu une offre de recrutement…

    Donc oui, le travail ce n’est pas de l’aide, mais si certains en arrivent là c’est aussi parce que le recrutement est encore largement orienté favoritisme et non méritocratie!

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    1. Tchoupi, le but est de commencer d’abord par se donner les moyens et de se plaindre après. Sur dix jeunes qui te demandent de “l’aide”, le CV est merdique, la capacité à te parler d’eux-mêmes, de leurs ambitions, etc.. est pareille. La volonté même de sortir de la misère est encore moins palpable. Je me rappelerai toujours de cette jeune fille à qui j’ai parlé toute une après-midi, qui m’a dit, même si je ne bosse pas, je veux commencer un petit business. Je lui ai dit mais “fais même un truc simple comme croquettes ou arachides que tu vendrais à des aînés etc..” réponse, “oui super idée, merci grande-soeur etccc”. On avait passé quatre heures à bosser sur son CV. Elle devait juste me le renvoyer par mail, jusqu’au aujourd’hui près de trois ans après, j’attends son rappel. Tout ça pour dire (et mon point de vue ne m’empêche pas de continuer à aider) que dans la pratique aussi (mon post est basé sur du vécu pas sur la théorie), même quand tu veux bien embaucher, aider, etc… les gens ne se donnent pas les moyens. Donc, je redis encore non à la mendicité. Tu n’as pas eu ton job par gentillesse, moi non plus je ne l’ai pas eu ainsi. Donc, il faut continuer à se battre pour l’excellence ou même si tu demandes de l’aide, ne le fais pas passer pour de l’aide. Quand quelqu’un te montre sa compétence, tu as naturellement envie de l’aider. Je veux juste que ces jeunes apprennent à donner envie. Est-ce trop demander?

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      1. Lol oui c’est trop demandé ! On est au camer ou bien ? Sinon à qui la faute? À nos jeunes qui manquent d’ambitions ou à notre système d’encadrement qui ne les donne pas la confiance nécessaire pour se vendre auprès des entreprises comme c’est le cas dans les grandes écoles ?

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      2. Je viens d’une famille d’entrepreneurs et de battants qui vivent dans ce système. J’ai une mère qui a été nommée sénateur dans ce pays, sans faire de politique, sans même l’avoir cherché, juste en “récompense” d’un travail associatif de titan sur un domaine qui lui était cher: l’autisme, tout ceci en restant une chef d’entreprise intègre qui paie ses impôts, recrute normally etc… Ce que j’ai tiré de son expérience c’est que dans notre pays, tu as deux choix: te plaindre toute ta vie du système et l’utiliser comme un paravent pour justifier tes échecs ou essayer encore et encore de faire les choses auxquelles tu crois et de tirer les autres avec toi, autant que faire se peut. Tu n’auras pas beaucoup d’amis, tu ne seras pas toujours le plus riche du monde mais tu te seras battue. Donc, nos jeunes se sont laissés battre par le système et emporter par la médiocrité ambiante. C’est un fait, et à titre perso (au delà même de ce post qui n’est qu’un pavé d’eau dans la mare), je compte apporter ma pierre pour leur réapprendre à se donner les moyens. Life is what you do of it, wherever you live (ps: rappelle-toi de Cuba! Il y a toujours pire que soi).

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      3. La maladie t’avait fait quoi noooon lol? Tu vas me dire ça bien bien quand j’aurai bring to live l’initiative auquelle je pense. Pour le moment, moi-même je peux être taxée de politicienne lol.

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    1. yep, je sais c’est pour ça que j’ai expliqué à côté mais le terme juste est bien “se vendre” et je n’aurai pas pu en utiliser un autre.
      J’ai lu ton article et je ne suis malheureusement pas d’accord. La réalité que tu décris marche peut-être dans certaines PME mais dans les grandes entreprises, il en est tout autre. De plus, même dans les PME, on a besoin de plus en plus de capitaliser son argent donc même quand on recrute quelqu’un qui a été recommandé, on veut quand même quelqu’un qui rende satisfaction au minimum. En effet, pour un vrai homme d’affaires, le recrutement par intérêt est une question de confiance, pas de médiocrité. Donc, je dirais vraiment, arrêtons d’encourager les jeunes à la médiocrité et à la mendicité. Qu’il fasse déjà leur part qui est de se battre avec les bonnes armes. En ce qui me concerne, je favorise le mérite et même si je prends quelqu’un que je connais quelque part, il faut d’abord qu’elle ait du mérite.

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      1. Merci d’avoir pris le temps de réagir.
        Cela prouve ta passion et ton envie de bouger les choses. Et j’aime ça. (y)

        Sur le fond, ton analyse vaut pour 5% de réalités. D’où sortent mes chiffres? De ceux du chômage et de la précarité au Cameroun.

        Et surtout il vaut en termes de ce qui DOIT être (la norme, les standards, le cursus, la morale, les procédures, etc.) ; pas de ce qui EST (la réalité). Et c’est là où nous nous trompons souvent. Ton parcours et d’autres Camerounais relèvent plus de l’exception que de la norme. Tout étudiant ou chercheur d’emploi sérieux doit pouvoir se battre pour arriver à étoffer son CV. Et plusieurs le font.

        Donc oui, il y a des personnes médiocres et paresseuses, mais ce n’est pas le lot des étudiants ou chercheurs d’emploi. Qui plus est, ne reçoivent l’éducation et les connaissances du système en place. Car plusieurs ne peuvent pas forcément voyager pour avoir des compétences supérieures ou requises dans de très grandes boites.

        Enfin, malgré ton optimisme et le sens de la témérité que je partage, il faut tenir compte des réalités du Cameroun: réseaux d’amitié, ésotérisme, occultes, la super-corruption, recommandations claniques, recrutement canapé, etc. Ce n’est pas un problème marginal, c’est un gros gros gros problème. Sinon, pourquoi notre pays, entre autres, tarde à faire le (presque) plein emploi ou à décoller économiquement ?

        En attendant et en espérant, j’ai créé la palteforme eboloo (http://obosso.net/eboloo-com-proposez-ou-executez-des-travaux-remuneres/) pour lutter contre le chômage et encourager les jeunes (et même les autres) à vendre leurs services. 😉

        Courage pour ton blog. 🙂

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      2. Quels jaloux? Tu me fais mais alors typiquement penser à certains de mes anciens collègues. Toujours en train de se plaindre qu’ils n’avancent pas à cause de leur chef mais bizarrement, quand tu leur demande où il se voit dans cinq ans, à qui ils en ont parlé, quand toi il te voit aller vers les directeurs, chercher à avoir des mentors dans leur sein, pour continuer à faire entendre la voix de ton ambition, on te dit que tu es lèche-botte ou tu es chouchou. Ce ne sont pas seulement nos chefs qui ont la mentalité française, c’est d’abord nous-mêmes et cela même quand nous sommes dans des boîtes anglo-saxonnes.

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      3. Autre chose (je suis bavard 🙂 )

        J’ai fait un interview ou plutôt deux au sein d’un des Top 3 boites au Cameroun.

        La première fois, j’ai adopté une attitude ultra “humble” (voix très douce, nonchalence, humilité intellectuelle, etc.) une source interne m’a dit que je faisais presque pitié. Ca correspond à ce que tu qualifies de “travail, c’est pas l’aide”.

        La deuxième fois, je me suis vendu, comme tu demandes là. J’ai donné, ma soeur. Une autre source interne m’a dit “on sent qu’il s’y connait, mais il va finir par nous dire ce que nous devons faire”. Et je me suis senti car ils y ont vu de l’orgueil alors que je pensais me vendre… Bref.

        Et je peux te citer mes témoiganges et ceux des gens que j’ai écoutés.

        Conclusion, au Cameroun, on a des “chefs”, pas des managers, des détecteurs de talents, des leaders comme on aime bien se le dire. On fonctionne à la Francaise, pas à l’Américaine. Donc, si tu veux un emploi, dis ce que tu sais faire et arrête-toi là, sans plus. Le reste, c’est Dieu qui gère.

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      4. Tu sais, moi j’ai un défaut, le culte de l’excellence et il y a une réalité tout le monde ne peut pas être excellent. Toi tu me parles de chiffres de l’emploi, moi je te parle d’expérience personnelle. Le travail ce n’est pas seulement avoir un CDI. Le travail ça commence au stage ou par exemple au poste de promotrice pour une marque quelconque. Et en ce qui concerne les promotrices, j’en ai vu passer des centaines voir même des milliers en six ans de boite. J’ai vu des comportements effrayants. Quand tu parles de mendicité, tu n’as même pas idée du niveau auquel ça peut descendre. La société camerounaise a des problèmes, est sclérosée, c’est un fait mais si on doit s’arrêter au fait, on peut juste se coucher et mourir tout simplement. C’est trop facile de dire au Cameroun il n’y a pas si ou ça, parce que c’est faux. Moi j’ai rencontré de vrais leaders (j’en ai même certains dans mon entourage) qui sont camerounais. Il y a des hauts cadres camerounais qui font notre reconnaissance dans le monde et qui ont commencé ici, ont été formés dans nos écoles (le DG de MTN Côte d’Ivoire par exemple qui n’a même pas 35 ans). Le vrai problème c’est que même quand quelqu’un réussit, on préfère se dire que c’est parce qu’il est dans un cercle ou pour une femme parce qu’elle couche avec tel. La réalité c’est qu’ils sont excellents, travailleurs acharnés, souvent avec de courtes nuits et ont toujours su ce qu’ils voulaient devenir. Ils ne sortent pas tous de milieus favorisés et n’ont pas tous fait ESSEC ou CATHO. Donc pour redire encore, je crois à l’excellence et au travail acharné. Je ne crois pas à la plainte, parce ce que se plaindre n’y fera rien. A moins-ce de devenir Raspoutine, nous ne pouvons qu’accepter le fait de notre administration, de notre gestion et nous focaliser sur ce que nous pouvons changer. Quand tu vas dans d’autres pays d’Afrique, tu te rends compte que notre pb reste et demeure notre mentalité individuelle. Nous attendons tout et en tout temps d’un état, d’un système qui a failli depuis bien longtemps. Continuons donc d’attendre et en attendant, enfonçons nous dans le cycle de la médiocrité dans lequel beaucoup s’embourbent (parce que même quand les gens ont un boulot, ils sont toujours en train de se plaindre et trouver mille raisons pour ne pas le faire) et attendons que les Français remontent dans le temps pour annuler la décolonisation, attendons que les 33 ans de pouvoir s’efface, bref attendons, pleurons et préparons ardemment notre enterrement. Moi ça je ne sais pas faire, et je préfère me battre pour les 5 ou 10% d’excellence qui existe, qu’il est possible d’atteindre plutôt que de me complaire dans les 95% de médiocrité.

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