Ecrire-Mieux

Comment écrire mieux?


Au fur à mesure que le temps passe, je me rends compte qu’écrire devient difficile.

Lorsque je parle d’écriture, je parle simplement d’échanges de mots, de conversations et de partage.

Les mots lorsqu’on ne les dit pas en face, n’arrivent pas toujours à exprimer nos sentiments.

On écrit, on blesse, on est blessé et lorsqu’on finit par discuter à haute voix, très souvent le malentendu est patent.

J’ai récemment lu un livre qui n’a pas fini de m’impacter. Il s’agit de « Ego is The Enemy” de Ryan Holiday. Ce livre explore l’impact de l’égo sur nos vies. Il se focalise notamment sur la manière dont l’égo peut nous mener vers notre perte. Il nous incite à être conscient de son impact et de remettre en question notre mode de fonctionnement.

C’est un livre qu’on pourrait appeler « livre de chevet », et il me permet de faire la passerelle avec l’écriture. Le monde des écrits est peut-être l’un de ceux où notre égo est le plus présent.

En effet, lorsque nous échangeons, je ne sais pas si cela vous est déjà arrivé, parfois nous pouvons être habité. Écrire est donc difficile.

1. Pour écrire, il faut écouter son corps

Le corps nous alerte en permanence. Quelle est la dernière fois que vous avez senti que vous vous énervez ? Plus simplement, quelle est la dernière fois où vous avez ressenti de l’exaspération ? Ou encore de l’agacement ?

Conviendrez-vous avec moi que ce sentiment s’est accompagné d’une manifestation physique ? Le souffle légèrement plus court ? Un léger tic, ou encore un mouvement irraisonné ?

J’ai encore failli à cette obligation ce soir. Le corps m’a donné des signes, mais j’ai pourtant écrit.

On m’a posée une ou plusieurs questions et je me suis embarquée dans des envolées lyriques. Le pire c’est que pendant que tu écris, tu sens ta respiration s’accélérer.

Parfois, ce n’est pas une manifestation de colère, mais ce n’est certainement pas une énergie positive. Lorsque l’énergie n’est pas positive, qu’est-ce qui se passe ? On ne trouve généralement pas les bons mots.

On a une idée, un ressenti en tête mais on rate la communication. Résultat : quiproquos, engueulades parfois, incompréhensions souvent.

2. Pour écrire, il faut prendre du recul

Ceci est très facile à dire mais pas toujours à pratiquer. Cependant, c’est là où l’égo est notre ennemi. Il y a quelques années, dans mon ancien boulot, j’aidais à écrire des emails difficiles.

Certains collègues se trouvaient en face d’une situation ou une autre, et venaient vers moi pour écrire. Ca aurait pu être moi ou quelqu’un d’autre car j’avais un atout. N’étant pas le protagoniste direct de la situation vécue, je pouvais prendre du recul.

De même, j’ai eu un supérieur hiérarchique qui exigeait toujours que j’attende avant de répondre à un courriel. Parfois, assis près de moi, il voyait un mail perturbant passer. Avant que je le lise, il m’incitait à attendre avant de répondre. Pourquoi ? A la lecture, il avait su prendre du recul et m’incitait à faire de même. Très souvent, je continuais une tâche annexe avant de consulter enfin le courriel concerné. A la suite, nous échangions ensemble sur la meilleure forme à donner. Je préparais un brouillon, il le lisait et le modifiait au besoin. A terme, je n’ai plus eu besoin de sa présence pour faire la part des choses. Je prenais toujours le recul dans la réponse aux e-mails et c’est resté un pli.

C’était d’ailleurs en contraste avec ce qu’ on pouvait parfois observer de ma personnalité. Bizarrement, dans la sphère privée, je n’ai pas toujours la même rigueur.

Parfois, je « réagis » plutôt que je ne « réponds ». Ce soir encore, pourtant deux jours à peine après avoir lu « The Ego is The Enemy », j’ai cédé. Les sirènes de l’égo ont visiblement été plus forte que le bon sens et l’amour.

3. Pour écrire, il faut aimer

Aimer son prochain c’est avant tout faire preuve d’empathie. Pour écrire donc, il faut pouvoir en faire preuve. Que ce soit dans les échanges privés ou pour écrire ici, il faut savoir se mettre à la place de l’autre. Lorsque nous laissons notre égo parler trop fort, nous nous peignons en victimes.

Nous sommes les plus tristes, les plus choquées, les plus peinées et j’en passe. Écrire dans ce prisme est toujours une erreur fatale pour la qualité de la communication. Combien de clashs sur les réseaux sociaux naissent ainsi ? Encore plus, sur les réseaux sociaux, les gens vont parfois tellement loin qu’ils passent aux insultes. Les noms d’oiseau apparaissent sans crier gare. Je me rappelle, une fois sur mon mur, de cette insulte « pétasse » ou quelque chose de proche. J’ai voulu répondre, et puis j’ai senti ce qui allait venir.

Je me suis demandée quel serait le but de ma réponse ? L’autre était-il prêt à comprendre qu’il m’avait blessé ? Insulter à mon tour me grandirait-il ? Cela m’apporterait-il satisfaction ? En répondant  « non » dans ma tête à toutes ces questions, j’ai su. De fait, j’ai trouvé une petite phrase sans émotion négative à renvoyer. Le clash a quand même eu lieu, mais pas avec moi. Certains de mes amis ont voulu répondre à ma place. En dépit de cela, je me suis contentée de lire, pour ne pas envenimer les choses.

J’insiste donc qu’il faut aimer pour écrire. Dans les couples, combien de fois oublions-nous que nous nous aimons, avant de nous écrire ?

A l’instant, je n’ai pas envie de relire tout ce que j’ai écrit ce soir, tellement j’ai manqué d’empathie. L’égo est un vilain ennemi. Il ne sait pas s’humilier. L’égo ne voit jamais l’autre, il ne voit que lui.

Écrire sans aimer, c’est par exemple porter plainte avec des motifs dévalorisant qu’on aurait pu atténuer.

4. Pour écrire enfin, il faut être clair sur son message

C’est peut-être le résultat des trois premiers points, mais pour communiquer à l’écrit, il faut avoir une structure.

L’écriture encore plus que la parole nécessite de maîtriser clairement ce qu’on veut laisser comme message. En effet, les paroles s’envolent, les écrits restes. A moins-ce de le supprimer, celui ou celle que vous blessez par écrit, est blessé.

La personne est d’autant plus blessée qu’elle peut relire à l’infini ces mots qui ne faisaient pas de sens et se nourrir dans cette peine. Il /elle peut si bien les relire que ces mots s’imprimeront dans son esprit.

Lorsqu’on s’efforce d’être clair sur son message, on est obligé de réfléchir à nos intentions. A cet effet, nous sommes amenés à prendre du recul, à écouter notre corps et faire preuve d’amour.

Un écrit doit avoir une intention, sans aucun doute. Lorsque nous recevons un message que nous ne comprenons pas, il est préférable de rechercher l’intention. Autrement, on peut aussi se référer à notre relation avec la personne, pour définir ses intentions de base. En fonction des intentions que nous connaissons, nous pouvons trouver les mots justes.

Écrire c’est communiquer. La communication est un art. Elle s’apprend tous les jours et on s’améliore avec le temps. Il faut donc pouvoir, travailler sa communication.

5. Écrire c’est rechercher l’amélioration

Lire, aide à améliorer sa communication. Ainsi, on peut apprendre les formes de communication qui permettent au mieux de transférer un message. La communication non violente (CNV) est par exemple une forme de communication que personnellement je souhaite apprendre. Pour cela, je peux chercher les livres qui la décrivent.

Demander pardon lorsqu’on blesse, améliore la communication. En effet, écrire pour dire « je suis désolé» , c’est parfois la plus belle forme de communication. Je suis désolé, ce n’est pas se justifier. Il ne faut pas donner de raison. Il faut juste reconnaitre que probablement, on a blessé l’autre.

L’égo nous empêchera très souvent d’exprimer ces trois mots simples. Plus, notre esprit nous dira « n’écris pas cela », plus il sera nécessaire de l’écrire. En demandant pardon, vous ouvrez l’autre à mieux vous écouter la prochaine fois. Vous libérez aussi l’espace pour la paix, la tranquillité de part et d’autre.

Par conséquent, vous libérez dans l’univers une énergie positive. Cette énergie sera la base pour améliorer vos écrits.

Enfin, pour améliorer vos écrits, pensez aux erreurs commises les précédentes fois, et cherchez à éviter ces pièges.

6. Qu’est-ce qu’écrire en conclusion ?

Écrire c’est communiquer efficacement pour créer des ponts. Un pont ne se crée pas sous la colère, ou sans patience.

Un pont ne se bâtit pas en un jour. Les relations humaines sont le fruit d’un travail acharné. Les belles amitiés, les belles relations de couple demandent de s’investir. Elles exigent des efforts de part et d’autre.

Dans ces efforts, écrire bien, écrire mieux, écrire positivement peut changer le monde ☺.

Les leçons que j’ai tirées de « Ego Is The Enemy » sont diverses et impactent plusieurs dimensions de la vie. Cependant, comprendre que l’égo est l’ennemi d’une communication efficace, c’était la leçon du jour.

Et vous quelles difficultés avez-vous pour écrire ou plutôt communiquer ? Avez-vous traversé récemment une situation comme celle partagées ? Comment avez-vous réagi ? Quelles sont vos astuces pour mieux communiquer par l’écrit ? Ce sera un plaisir d’en discuter en commentaires.

Love, Anna.

4 thoughts on “Comment écrire mieux?

  1. Merci pour ce très bel article !
    Comme dit le dicton :
    “Entre ce que je pense,
    ce que je veux dire,
    ce que je crois dire,
    ce que je dis,
    ce que vous voulez entendre,
    ce que vous entendez,
    ce que vous croyez comprendre,
    ce que vous voulez comprendre,
    et ce que vous comprenez,
    il y a au moins neuf possibilités de ne pas se comprendre.”
    🙂

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