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Pour une parole libre!


Je suis une femme, une jeune dame, une maman. Mais réellement, que signifie tous ces concepts ? Pourquoi ne pourrais-je pas dire simplement, je suis humaine et je m’aime ?

Au fur à mesure que le monde s’ouvre à la connaissance, nous semblons aussi nous renfermer dans des carcans, dans nos certitudes. Que nous arrive-t-il donc ?

Il y a quelques années, j’écrivais ici ma crainte de voir la 3ème guerre mondiale se réaliser. Aujourd’hui en analysant les équilibres géographiques et la présence un peu partout de la bombe atomique, j’y songe moins. Cependant, je réalise qu’une forme plus vicieuse de guerre est d’ores et déjà en place. C’est celle de l’opinion!

1. Les libertés reculent partout

Dans tous les pays du monde, même les plus « démocratiques » en apparence, il y a bien une 3ème guerre mondiale en cours. Les citoyens sont un peu partout devenus les cibles de leurs gouvernements. L’usage de la force pour contenir, résorber est devenue une norme. De même, le combat contre toute forme divergente de communication semble être le sport de beaucoup de pays au monde désormais.

En France, en 2019, la contestation des gilets jaunes aurait d’ores et déjà dû être un signal de profonde remise en question. L’état a envoyé toute l’échelle de sa force pour empêcher des citoyens d’exprimer leur avis. Où serait donc passée la constitution de 1889 ?

Ici au Cameroun, manifester et se faire arrêter ou menacer est devenu synonyme de quotidien. On pourrait débattre sur la nécessité ou non de marcher. Cependant, il y a des signes qui posent problème. Lorsqu’en 2016, on a pas hésité à tabasser professeurs et avocats en blouse, sans aucun doute, quelque chose c’est cassé.

De même, le combat contre toute forme divergente de communication semble être le sport de beaucoup de pays au monde désormais.

Aux Etats-Unis, ce sont depuis quelques semaines, les vidéos des violences policières qui font le tour du monde et font mal. Noirs et blancs sont tabassés, piétinés parfois par des chevaux, toujours pour être allés dans les rues, dans un pays où la manifestation est un droit.

Plus récemment, c’est Monsieur Poutine (l’illustre) qui faisait modifier la constitution afin de pouvoir rester au pouvoir jusqu’en 2036. Il faisait aussi rentrer dans la constitution le mariage hétérosexuel et la reconnaissance de Dieu. Ne seraient-ce là des formes de restriction des libertés?

Le combat incessant contre les citoyens n’est-elle donc pas notre troisième guerre mondiale?

2. Au-delà des libertés, la pensée unique prend le pas

Guerre contre les citoyens dans les rues mais aussi guerre contre les idées. Ainsi, un brillant Hors-Série du Monde Diplomatique, avait défini il y a quelques années le parcours de l’information. Le journal (on me traitera de gauchiste pour l’avoir cité) retraçait les modes d’utilisation de la désinformation. Je ne pense malheureusement pas en avoir fait une revue ici. Qu’à cela ne tienne, vous pouvez le retrouver ici.

Ce que j’en avais retenu, c’est que de par le monde, les organes de presse avaient très peu été indépendants de leur pensée. Ils servaient très souvent l’intérêt d’un groupe ou d’un autre. De ce fait, leur objectivité n’était que relative. Ceci, en soi n’est pas forcément une nouveauté. La nouveauté de cette décennie, est peut-être cette facilité des politiques à l’assumer.

Lorsque Donald Trump salue FOX NEWS et insulte CNN sans vergogne, il y a vraiment de quoi s’interroger. Il a popularisé l’expression « Fake News ». En effet, elle est devenue pour les gouvernements , le mot magique et ce même dans mon cher Cameroun. Les gouvernants l’utilise donc, à tort et à travers pour museler la parole contradictoire.

Comme il ne faut pas s’arrêter là, Ceci va désormais, jusqu’au point de contrôler de plus en plus les réseaux sociaux. On instaure des taxes sur les publications sur ces supports (Ouganda, tentative au Bénin). On durcit les lois sur les fausses informations et on les associe aux lois sur le terrorisme (lutte contre Boko Haram au Cameroun). On a de cesse de punir, sanctionner, emprisonner, dévaluer les opinions divergentes.

Comme mentionné plus haut, la montée du terrorisme de manière générale dans le monde, a été un facteur favorable à la mise sur pied de lois et règlements permettant aux gouvernements de restreindre l’expression.

Les délits comme « atteinte à la personne du chef de l’état » deviennent fréquents. La taxe sur les réseaux sociaux, ajoute une barrière financière à la volonté d’expression.

Que dire, face à tant de bassesse ? Et surtout, quel est ce monde qui se construit sur l’incapacité des uns et des autres à échanger des avis opposés ? Le mot « patriote » est désormais de plus en plus associé à la politique et au soutien à une administration en place. Mais, depuis quand, aimer son pays est-il devenu synonyme d’aimer un gouvernement ?

3. Conséquence, les carcans sont plus forts

Comme je le disais en introduction, pourquoi devrais-je être femme, noire, maman, etc. et pas humaine tout simplement ? Au fur à mesure que la pensée s’enferme, on empêche aussi les gens de s’exprimer d’une manière ou d’une autre. Pour être, nous devons nous définir, nous positionner.

Sans opinion, tu perds de plus en plus le droit à la parole. Pire, lorsque tu as une opinion majoritaire, de partout et notamment en ligne, des meutes s’abattent sur toi, si tu exprimes le contraire. De plus en plus d’êtres humains, se définissent comme bien-pensants, gentiment assis derrière leurs claviers. On n’a aucune assurance qu’ils sont ce qu’ils disent. Mais, eux auraient toute l’assurance pour définir ce que vous êtes et n’êtes pas.

De plus en plus d’êtres humains, se définissent comme bien-pensants, gentiment assis derrière leurs claviers.

Par conséquent, de plus en plus de voix s’éteignent. Nous prenons peur et ne souhaitons plus exprimer nos avis. Conséquence, la pensée unique et les extrémismes reprennent progressivement leur place. Le racisme devient cool car il s’agit d’assumer une opinion. Le sexisme devient gentil car on est juste macho. Le féminisme devient perçu comme un mouvement de combat, plutôt qu’un espace de compréhension.

Donner son opinion devient périlleux, et ceci même dans les environnements les plus simples (une association professionnelle). Il faut être absolument ou n’être rien.

4. Je m’insurge et j’accuse

Comme Louis Dreyfus, j’accuse! La 3ème guerre mondiale des opinions, de la pensée réductrice et de la mauvaise foi, doit absolument cesser. Nous valons mieux que cela et des hurluberlus ne doivent pas nous laisser penser le contraire.

Il est temps de laisser les uns et les autres dire ce qu’ils pensent et d’aller à la rencontre de l’autre. Le plus beau cadeau que nous puissions nous faire en tant qu’humain, c’est l’échange. Sans échange, point de compréhension. Sans compréhension, pas de découverte. Sans découverte, on tourne sur place et ce dans tous les domaines.

Le mal même passager que certains dirigeants comme Donald Trump, auront fait au monde, c’est bien ceci. Ils ont remis le jugement au centre de l’analyse de l’autre. Ils ne l’ont pas fait tout seuls mais pour cette raison, partout dans le monde, nous devons les isoler. Les isoler, signifie reprendre la parole mais aussi pour ceux qui en ont la responsabilité, passer par les urnes.

Je veux pouvoir me définir comme je veux, exprimer ma pensée, sans être taxée d’être dans tel camp imaginaire ou pas, et ceci quelque soit le sujet.

Et vous ? Que vous inspire le monde actuel ? Que vous inspire la vie dans votre pays d’origine ? Avez-vous la sensation d’être aussi libre aujourd’hui qu’il y a cinq ans ou six ans ? Reprenons le pouvoir d’en parler et échangeons ensemble ici.

Love, Anna.

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