Le Cameroun chante la France


Après la peine, il est parfois bon de remplir son cœur d’énergie positive. Voilà ce qui m’a menée vers les portes de l’Institut Français de Douala en Mars 2019.

Je m’apprêtais pour commémorer le 20ème jour du décès de mon papa et j’avais le vague à l’âme. J’étais tombée quelques semaines avant sur cette affiche de l’Institut Français. Au programme des artistes Camerounais qui se proposaient de revisiter des classiques de la chanson française. Tout ceci pour le modique prix de 2500 F CFA.

Je peux dire avec joie que la ballade a été à la hauteur de mes attentes. Le Cameroun regorge de talents, et j’ai très souvent eu la grâce de le réaliser. Pendant ce programme de deux heures, les artistes nous ont baladés dans leurs univers. Oui, malgré l’interprétation, chacun d’eux a réussi à apporter sa touche unique et spécifique pour nous parler de SA relation avec la musique française.

Le spectacle a commencé avec Gaëlle Wondje. Révélée il y a quelques années, par une première partie de Charlotte Dipanda, pour qui, elle a longtemps fait les cœurs, Gaëlle a su au fil du temps imposer sa voix et son style. Celui d’une femme forte enveloppée de douceur. Dans sa musique, elle parle de sujets qui touchent et parlent à la société (ex: De qui se moque t-on?”, questionnement sur l’écart entre pratique religieuse et comportements de tous les jours).

Elle a donc choisi deux artistes connues pour leur voix, leur franc-parler et leur caractère : Liane Foly et France Gall. Nous avons fredonné et rythmé “Elle a ce je ne sais quoi…” Et on aurait en fait pu reformuler en disant : ” Gaëlle a ce je ne sais quoi.”.

J’ai ensuite fait la découverte de Tonton Théo, audacieux de réalisme. Il nous a donné du Charles Aznavour et les yeux fermés, l’espace d’un instant, on avait la sensation que l’homme (récemment décédé) était de retour parmi nous. Tonton Théo c’est aussi un artiste dans le sens le plus noble du terme. Il aime ce qu’il fait, et partage avec nous cet amour sans chichis.

Puis j’ai découvert ce jeune électrique. Son nom: Sheno. Pas très grand de taille. Look Rastas courts mais alors une énergie. Il a choisi d’interpréter pas moins qu’Eddy Mitchell et un tube vibrant d’un autre artiste Il nous a quasiment tous mis debout. Moins de dix minutes et un spectacle qu’on aurait pensé long de trente minutes.

Le brillant Stéphane Akam était aussi de la partie. Il a osé “Allumer le feu”. Son interprétation de Johnny Hallyday était à l’image de son caractère. En effet, Stéphane Akam c’est ce poète, slammeur ou rappeur (c’est selon), qui incarne le je m’en-foutisme. Johnny, il le reprenait l’air de ne pas y toucher, sans faire d’effort. Magistral tout simplement.

A sa suite, nous avons eu droit à un autre slammeur, rappeur, auteur, poète : Sadrack Pondi. Toujours différent que ce soit son look, sa présence scénique, il fait la part. En première chanson, il nous a interprété une chanson qu’on peut croire écrite par lui-même et pour lui-même : La mauvaise herbe” de Georges Brassens. Son 2ème choix, lui ressemblait tout autant, sourire. Il s’agit de Gainsbourg. Il nous a en effet servi “Je t’aime moi non plus” remixé à sa sauce et quelle sauce. Cette balade d’amour typiquement française, est devenue épopée amoureuse en terre d’Ongola. Magistralement mené avec en prime une Jane Birkin toute trouvée, en la personne d’une des choristes.

L’autre femme de la soirée était je peux dire totalement différente de la première. Adango Salicia est aérienne. Elle donne la sensation de vivre dans un monde particulier qu’elle a créé juste pour elle et dans lequel on a hâte de rentrer. Elle est belle, d’une beauté qui vous force à n’observer qu’elle et elle est spontanée. Elle a choisi une chanson de Barbara et une autre de Daniel Balavoine, L’Aigle Noir. Pendant quelques minutes, on a vraiment eu l’impression d’avoir un aigle noir sur scène. Elle avait la tenue pour, l’attitude, tout, et sa voix, juste unique et spéciale.

Pour terminer cette belle soirée, place à la jeunesse avec Ténor. Ténor qui chantait, qui a ressorti sa voix et qui a magistralement interprété les deux chansons qu’il a choisi.

Pour finir, j’ai passé une superbe soirée, pleine de belles énergies, assise parmi un public qui jouait le jeu, tout ce qu’il faut pour rentrer chez soi et dormir avec un grand sourire.

Vous étiez dans la salle ce jour-là? Vous êtes tout simplement fan de musique française ou reconnaissez une des chansons mentionnées ? Partageons notre passion en commentaire.

Love, Anna ❤️

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