GICAM

L’art du détournement d’information


Grandement je m’étonne (comme le disait un célèbre chanteur de Biktusi* Camerounais), d’avoir aperçu sur les réseaux sociaux aujourd’hui, une certaine indignation face à une situation inattendue au sein du groupement Inter-patronal du Cameroun (le GICAM). Il y a quelques jours, cet organe de poids a perdu son président, décédé de suite de maladies.

Aujourd’hui, son 1er vice-président, se trouve être un patron camerounais mais français. Je n’irai pas dans les détails, car ceci se veut réellement un billet d’humeur et non d’information.

Donc, un 1er vice-président français. Cela fait de lui, du fait de l’organisation de cette institution le successeur potentiel jusqu’à la fin prévue pour 2019 du mandat du président décédé. Toutefois, les dispositions statutaires de cette association, prévoiraient que le président soit obligatoirement camerounais. De ce fait, un autre nom est avancé pour le remplacement, et c’est bien un Camerounais.

Cet « incident » m’évoque deux choses que j’aimerais partager :

  1. La puissance du KONGOSSA, en d’autres termes des informations de trottoir :

En effet, une certaine « presse » camerounaise, et généralement une presse en ligne, se veut attentive des faits et gestes du pays mais surtout des faits et gestes négatifs. Les articles de dénonciation sont légion, mais ce n’est pas la première fois, que des articles seront ainsi publiés sans vérification totale et complète des faits. Ce n’est pas la première fois en gros que des mensonges seront publiés comme des faits avérés.

Et de même, pour nous les consommateurs de ces informations, ce n’est pas la première fois qu’une certaine médiatisation commencera, d’un fait pourtant erroné. Il y a quelques mois, c’était le décès d’une chanteuse Camerounaise qui avait été ainsi annoncé avant l’heure. Elle finira certes par s’en aller, mais seulement deux semaines après la grande annonce. Il serait temps que les uns et les autres apprennent à confirmer leurs informations avant de les partager. Il serait temps qu’on arrête de crier au loup en tout et pour tout. Et cela fait une bonne transition avec mon deuxième point.

  1. L’ignorance tue.

Trop souvent au Cameroun, on évoque des vérités toutes faites sur des procédures, des organismes, des activités, sans même avoir été à la source de l’information. Ainsi, dans le cas d’espèce, c’est une disposition statutaire du GICAM qui empêche qu’on puisse avoir un président non-Camerounais. C’est dire que ce groupement est quand même conscient du fait, qu’un non-Camerounais ne saurait défendre au mieux les intérêts du patronat Camerounais. Mais pourtant, nous étions prompts à vouloir penser et admettre dans l’opinion publique que cela puisse être le cas.

Et admettons même que ce cas de figure soit possible. Est-ce quand le malheur frappe que nous devrions nous insurger ou plutôt au moment, où il y a quelques années, un vice-président français, a tout d’abord été élu au sein d’un organe de représentation des Camerounais ? En somme, cette information était connue mais qu’en avons-nous fait ? RIEN.

 De même, combien de fois ai-je entendu dire que la carte d’identité était payante ? Malheureusement trop souvent. Or, son établissement a été rendu gratuit par le président de la République, il y a quelques années, par décret, publié au journal officiel (Cameroun Tribune). Ce journal demeure le quotidien le mieux distribué du Cameroun et publié au plus grand nombre d’exemplaires.

Les informations ne sont pas toujours accessibles il est vrai, mais pour celles qui le sont, en faisons-nous bon usage? J’en doute. Sommes-nous au fait des organisations, régulations, qui gèrent notre société? Très peu. Mais trop souvent et généralement trop tard, nous nous plaignons.

 La mobilisation sur le contenu du code pénal cette année, a été la première exception à ce cycle et bien que toutes les récriminations n’ont pas été considérées dans la mouture finale, certaines d’entre elles ont quand même pu être supprimées et ceci grâce à cette vague de protestations.

En somme, le  commérage n’est pas utile et les organes de presse doivent apprendre à l’éviter. De même, chacun de nous, doit essayer de jouer son rôle de citoyen et s’informer sur les choses importantes du pays, afin de se protéger de la manipulation et d’être en mesure de s’engager lorsqu’il le faut.

C’était moi, passant par là. A bientôt.

Love, Anna♦

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5 thoughts on “L’art du détournement d’information

  1. La course aux scoops a tué la profession. Pourtant en école de journalisme on apprend qu’une information doit être vérifiée avant d’être publiée. Tout ça est dommage car ça decredibilise la profession

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  2. Bon coups de Gueule, hélas tu as oublié le sujet «mascotte de la CAN féminine»…

    Helas aussi, «Cameroon Tribune» n’est pas le journal officiel du Cameroun…mais plutôt le journal gouvernemental.

    Il existe un Journal Offociel, chargé de publier les textes légaux pour publicité auprès du citoyen. Il coûte ds les 10 kolo comme ca.

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