Intelligence-emotionnelle

04 leçons apprises de l’intelligence émotionnelle


Pour tout manager aujourd’hui, l’intelligence émotionnelle est une vertu centrale. Les revues professionnelles telles que Management en France ou Harvard Business Review, ont déjà consacrés des dossiers entiers à cette compétence recherchée.

Cependant, il est une chose d’entendre parler d’un concept, de le connaître et une autre de le maîtriser réellement et de développer sa carrière en l’utilisant.

Daniel Goleman, a consacré plusieurs ouvrages à l’intelligence émotionnelle, et notamment à son utilité dans le monde du travail. C’est le sujet principal de son livre que je suis en train de terminer. Il est en effet intitulé « L’intelligence émotionnelle-2, accepter ses émotions pour s’épanouir dans son travail ».

Offert il y a près d’un an par un ami, il est tout de suite rentré sur ma liste de livres à lire pour l’année 2020, et je peux d’ores et déjà dire qu’il m’a impacté et permis de comprendre de nombreux aspects de mon comportement en entreprise.

Dans ce livre, je vois surtout un outil pour évoluer et j’ai grâce à lui pu faire une rétrospective fort enrichissante de ma dernière expérience professionnelle. Je vais ici la traverser en (plusieurs) points clefs.

Comprendre les jeux d’influence est essentiel

Lorsque vous rentrez en entreprise, il est utile de comprendre qui gère quoi, qui contrôle quoi. Ceci est d’autant plus important lorsqu’on rentre à un poste de responsabilité élevée. Je suis rentrée en entreprise avec le statut de membre du comité de direction, recrutée par le PDG.

Ce recrutement au plus haut lieu était en même temps une force et une faiblesse. Force car d’une part nos avantages sont potentiellement mieux négociés et d’autre part notre voix « compte ». Faiblesse car il n’est pas notre supérieur direct et les supérieurs directs se seraient sentis plus confortables avec un staff qu’ils auraient recruté eux-mêmes.

Cet aspect de mon recrutement m’a longtemps échappé. J’avais tendance à me focaliser sur le fait que j’avais recruté pour ma compétence. J’oubliais trop souvent que le choix n’avait pas été donné à mes supérieurs d’avoir une autre compétence en face d’eux.

De cette absence de compréhension de cet aspect du jeu d’influence, naîtra beaucoup d’incompréhensions initiales et de défis parfois peu compris. Il m’aura fallu du temps pour comprendre ces niveaux d’appréciation, et encore plus la lecture récente de Daniel Goleman pour décrypter l’ensemble.

Dans de nombreuses entreprises, des employés compétents sur un plan technique et humain, ne terminent pas leur période d’essai, pour ne pas avoir su maîtriser les enjeux et les jeux de pouvoir. De même, très souvent, à l’approche d’une restructuration, la bonne ou mauvaise compréhension de ces enjeux, peut être source de renvoi ou de maintien dans l’entreprise.

Il est essentiel, que ce soit au début mais encore plus lorsqu’on grandit dans la carrière, de développer cette capacité à comprendre rapidement qui fait quoi, et qui a le vrai pouvoir dans l’entreprise qu’on rejoint. Sans ce que je qualifie d’instinct de survie, on commet facilement des impairs.

Répondre aux attentes de sa hiérarchie c’est la base

On peut supposer d’un point de vue technique, qu’on répond parfaitement aux attentes de notre supérieur hiérarchique. Cependant, lorsqu’on rentre sous le prisme de l’intelligence émotionnelle, parfois ce n’est pas le cas.

J’étais dans un environnement où le changement et la transformation n’étaient pas facile à obtenir. Pourtant, mes supérieurs en avaient besoin. Ils pouvaient en être parfois des obstacles, mais au fond d’eux-mêmes, ils la savaient nécessaire pour leur devenir.

Pourtant, il ne fallait pas le leur DIRE, il fallait le leur MONTRER. Comment ? En prenant en main le changement à son niveau, en tirant le meilleur avantage du système en place, et en montrant le résultat.

Je garderai ainsi toujours en mémoire, un changement initié dans la création d’un stand sur une foire pour notre entreprise. J’avais initié auprès de l’équipe en charge, un changement, peindre le stand, aux couleurs de notre entreprise, et utiliser la peinture comme moyen de mettre en valeur notre visibilité.

Habituellement, nous recouvrions toute la surface du stand avec du vinyle avec des visuels représentant nos produits. Ce changement effectué pour ce stand, marquait pour moi un changement que j’envisageais définitif (garder ce principe sur tous nos déploiements).

Lors de ce déploiement en particulier, je n’ai reçu de la hiérarchie aucun retour négatif. Et surtout, je n’ai pas demandé leur avis avant. J’ai obtenu l’accord pour un niveau de budget, et avec mon équipe et le service menuiserie, nous avons simplement implémenté notre vision.

Au comité de direction, les retours des membres étaient assez positifs de même que dans l’opinion publique. Résultat : un changement obtenu et accepté sans parole.

D’autres changements de ce type étaient attendus, certains ont suivi. Pour d’autres, j’ai voulu avoir des accords avant, expliquer, et ceci ne cadrant pas avec le style de direction, j’ai essuyé des refus.

On se retrouve donc dans une situation où on est certain de donner le meilleur, et on le donne certainement. Cependant, dans la pratique, la communication avec la hiérarchie sur leurs attentes est tout sauf claire. En effet, on n’a pas totalement réussi à se mettre à leur place, et décoder leurs attentes.

Les émotions doivent toujours être maîtrisées.

Lorsqu’on s’entend dire que nous devons nous maîtriser nos émotions, nous nous focalisons parfois sur les manifestations extérieures : ton de voix, management de nos gestes, etc. On contrôle la gestuelle, le comportement.

Ainsi, j’ai appris au fil du temps à gérer mes émotions externes, un super travail d’ailleurs, très enrichissant sur le plan tout autant professionnel que personnel. Le chantier du contrôle des émotions étaient d’ailleurs vieux (sourire).

David Goleman le souligne dans son livre, l’un des aspects essentiels de l’intelligence émotionnelle et de sa mesure, c’est bien la capacité à contrôler ses émotions.

Toutefois, très souvent on limite l’émotion à sa manifestation externe. L’émotion c’est aussi et surtout, tout ce qui se passe à l’intérieur de nous. La capacité à garder le même niveau d’engagement, de motivation, est de mon avis lié à la maîtrise des émotions aussi.

En effet, la vie en entreprise n’est pas toujours rose et il faut pouvoir le moral haut, quelques soient les défis, tant est qu’on est qu’on travaille dans tel ou tel entreprise. C’est l’un des secrets pour garder sa performance au top en dépit de tout.

D’un autre côté, cela peut aussi permettre de mesurer s’il vaut encore la peine pour nous de s’engager. Dépasser les difficultés et le ressenti, est essentiel pour vivre une vie et une carrière épanouie.

On ne va pas très loin en se laissant porter par les émotions notamment négatives, et ceci est très souvent ce qui fait la différence. Il faut garder la tête froide pour prendre les meilleures décisions de gestion, proposer les solutions les plus efficientes.

Toutefois garder les émotions sous contrôle ne signifie pas manquer de chaleur. Au contraire, ça suppose aussi d’être en mesure de créer un environnement « joyeux », où il fait bon vivre.

Il y a toujours une forme de culture d’entreprise

Dans les entreprises lancées autour d’une personne, il est parfois difficile d’identifier une culture d’entreprise notamment au Cameroun. On a souvent l’impression que la seule culture est celle de révérer le chef.

Néanmoins, en lisant David Goleman, et en repensant à l’entreprise dans laquelle j’étais, j’ai compris.

Les êtres humains ont toujours une manière commune d’appréhender les expériences qu’ils vivent surtout dans le monde professionnel. De manière pratique, cela signifie qu’on sait par exemple ce qui se dit, et ce qui ne se dit pas.

Plusieurs fois dans l’entreprise j’ai entendu « ici, on fait ceci ou on fait cela ». J’ai aussi entendu, « tout le monde sait que… ». Les phrases que vous entendrez ainsi font partie de ce qui se qualifie de culture d’entreprise.

Il ne sera pas toujours aisé de le découvrir et surtout de se l’approprier si cela ne colle pas avec nos valeurs ou notre mode de fonctionnement. Il est donc essentiel de se connaître suffisamment pour savoir quelles sont nos valeurs.

En tant que manager, il est encore plus essentiel de trouver la bonne manière de s’approprier celle de l’entreprise pour gérer au mieux vos équipes.

Dans l’environnement qui était le mien, cela n’a pas été chose aisée. J’ai même fini par comprendre que la culture était qu’il n’y avait pas de culture. En l’occurrence, « faire ce qu’on me demande, et ne pas chercher plus », « ne pas faire de vagues ». C’était peut-être une forme rudimentaire de culture d’entreprise mais c’était une base.

Ne pas comprendre cette base c’est dire ou faire des choses qui ne cadrent pas, et s’étonner de ne pas être accepté ou compris. 

L’intelligence émotionnelle est au cœur de tout

Telle est définitivement ma conclusion. Je suis encore train de lire l’ouvrage. Cela n’empêche que j’ai déjà beaucoup appris. Aujourd’hui, s’il y a une compétence professionnelle à maîtriser c’est bien l’intelligence émotionnelle. En effet, travailler, que ce soit en entreprise ou à son compte c’est interagir avec les autres. Au-delà du cadre professionnel que ce soit dans la vie privée, le monde associatif, ou même l’éducation

parentale, on interagit avec des humains faits de chair. Développer empathie, déduction, patience sont beaucoup plus productifs que simplement « bien faire ».

Au-delà des autres, je suis convaincue qu’une meilleure intelligence émotionnelle est essentielle pour vivre plus sereinement. On arrive en effet à prendre la vie avec encore plus de simplicité, et mettre l’humain au centre de tout.

En cette fin d’année, je vous encourage donc, à faire votre diagnostic. Quel est votre niveau d’intelligence émotionnelle ? Quelles sont les zones à améliorer ? Comment pouvez-vous changer ? De quelle aide auriez-vous besoin ?

Planifier une transformation dans ce domaine à partir de cette fin d’année, c’est assurément préparer une année 2021 plus enrichissante. Boone chance à vous, et dites-moi en commentaire ce que vous en pensez.

Love, Anna.

2 thoughts on “04 leçons apprises de l’intelligence émotionnelle

  1. Empathie, patience…
    Prendre la vie avec simplicité

    Voila ce que j’ai retenu… Ca aide en effet dans la vie de tous les jours
    Personnellement moi je suis adepte désormais de la dedramatisaion je travaille encore cela et j’essaie autant que possible devant tout de dire d’abord “c’est pas grave” ceci a le chic de baisser la pression et te mettre à un niveau meilleur dans la quête de solutions qui a coup sûr seront à propos du problème

    Merci Anna

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