La poésie de la misère


Poésie de la misère, cette expression a trotté dans un coin de ma tête toute la journée… Pourquoi? Comment? Je ne saurais pas bien le dire….ou plutôt si…

Il était une fois, un pays, il était une fois ses habitants pleins d’espoir, attachés à la volonté d’un avenir meilleur mais rattrapés chaque jour par la difficulté d’un quotidien intransigeant et sans pitié.
Il était une fois, ces sapeurs pompiers, rencontrés au hasard d’une rue, observés cette après-midi de la fenêtre d’un taxi à l’allure vive bataillant avec une bouche d’alimentation d’eau pour combattre un feu invisible.

Il était une fois ces enfants  inlassablement vêtus de haillons qui sillonnent nos rues vendant des arachides au lieu d’aller à l’école, à la merci de biens de périls innommables.
Il était une fois, ces mères en détention provisoire qui donnent naissance à des enfants en prison et dont le sort n’émeut que peu ou prou car trop souvent elles sont déjà jugées coupables.

Il était une fois ces voleurs, abandonnés chaque jour aux mains de la justice populaire et ne devant parfois leurs vies qu’au hasard du passage d’une patrouille de police. Motif: qui volera un œuf volera un bœuf. Entendez, si petit soit le butin, autant les arrêter tôt.

Il était une fois ces passants qui se font justice eux-mêmes devenant par là-même des assassins à leurs tours, décidés à conserver toute leur vie, le poids de ce sang versé.

Il était une fois cette population qui a pris goût au sang. Sang de ces attroupements insensés autour des accidents de circulation en ville ou sur l’axe lourd, sang de ces images indécentes de tous types de crimes, agressions reprises en boucle par des médias sans gêne, sang de ces victimes du terrorisme au Nord, sang de ces soldats morts pour la patrie mais dont la patrie au final,  ne semble pas faire grand cas.

Il était une fois ces politiques pour qui le mot “ridicule” n’est plus synonyme de honte. Ces politiques pour qui “politique” rime avant tout avec “business”. Ces politiques qui font perpétuellement honte à tous les combats pour la liberté qu’a connu ce beau pays.

ll était une fois ce peuple qui se livre à un soi-disant attentisme car il brûle à l’intérieur, tant la souffrance l’a rendu insensible à ses propres malheurs, tant le chagrin le consume petit à petit.

Il était une fois ce pays dit parmi les plus endettés et les plus pauvres mais où les voitures de luxe circulent à grand train tout particulièrement dans la capitale a priori siège de la population fonctionnaire (censée être au service du peuple et modeste)

Il était une fois mon cher et tendre pays où misère rime définitivement avec poésie.De la poésie de ma complainte sans queue ni tête.. De la poésie de cette douce aliénation culturelle (plus de cinéma, guère de bibliothèque, guère de programmes culturels, et règne du piratage), économique (quid de la consommation des produits locaux, quid du développement de l’agriculture locale et des produits vivriers qui nous servent à nous, quid d’accords plus égalitaires, quid du règne de la friperie), mais aussi et assurément politique (vous faut-il un dessin?). De la poésie de cette terre où nombreux sont ceux qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté, mais nombreux sont-ils tout autant à faire croire le contraire au tout venant.

De la poésie de ma terre qui se voit désormais plongée dans la misère que cause la guerre. Cette guerre déclarée par notre président sans notre consentement, sans que nous ayons bien compris le but… Cette guerre dont nous devons désormais subir les effets pernicieux et les nouvelles chaque jour un peu plus tristes.
De la poésie de ma complainte et de sa misère car au fond quelle peut-être sa valeur dans un océan de désarroi?
De la poésie de mon espoir et de la misère de son chant si faible...Oui je continue de croire en des lendemains meilleurs. Oui je continue de croire que des options existent. Et parce que je crois, je m’accroche à toute expression de cette poésie. Je suis ainsi tombée par hasard, sur une petite vidéo qui donne de l’espoir et je vous invite à la regarder ICI.

Poésie, misère, a priori antinomiques, car poésie = beauté (en général) et misère= laideur (en général) mais au final si bien associés pour décrire mon cher Cameroun.

La poésie de la misère, oui je pense que c’est la définition qui sied. Et vous, cher invité? Qu’en pensez-vous?

Anna.♦
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10 thoughts on “La poésie de la misère

  1. Bonjour Chère Anna,
    Merci tout d’abord de m’avoir invite à découvrir ce beau petit monde…que dis-je, ce doux petit coin de paradis… qui assurément m’a ravi et m’a surtout appris la candeur le la beauté d’écrire que dis-je de decrier…
    Si Finement…
    Si subtilement…
    Si Simplement…
    Si Humblement…
    Notre Cher Kamerun….
    J’adore que dis-je je kiffe Grave….

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  2. C’est bizarre mais je n’ai jamais associée poésie et misère. Pour moi la poésie est l’expression du beau. Même kan, il faut dénoncer ls injustices à travers le monde.

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    1. ben je crois que c’est justement cela la particularité de la poésie, tout comme de l’écriture, elle peut parler de tout, en tout et à mon sens associer tout..Du moins, je ne saurai t’expliquer au fond, cette image “la poésie de la misère” m’est venue d’elle-même et j’ai juste écrit..

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  3. Touchant…une poésie aux mille visages pour pourtant dire la même misère, la même douleur à travers les lieux. Poésie de la misère ou misère de la poésie, comme dirait quelqu’un.

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  4. Je pense que reconnaître cet état de fait de la misère de mon 237, m’accorde le droit d’imaginer une meilleure perspective pour un héritage différent, pérennisé pour les générations avenir.

    EN gros j’aime ma belle

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