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Fable d’un cœur ami et ennemi


Avec mon coeur, je respire, tu respires et nous respirons. Dieu dans sa bonté, nous a créés, je le crois parfaits. Penses-y, un être humain vient au monde, et déjà a tout ce qu’il faut pour vivre. C’est d’ailleurs aussi le cas pour les animaux soit dit en passant.

Je me suis interrogée sur ce mystère: la respiration. Comment est-il possible de naître avec un organe développé dans le sein de notre mère, qui nous permet de garder la tête ouverte et vivante? Mieux, il est connecté à cet autre organe qu’est le nez et avec un mécanisme digne d’une horloge de luxe, par à coups, avec inspiration et expiration, il nous est donné d’ingérer ce qu’il faut d’oxygène pour avoir accès au souffle.

C’est indéfinissable, et à cette perspective, je reconnais mon cœur comme mon meilleur ami. Qu’en pensez-vous?

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Le cœur est aussi l’organe le plus traître qui puisse exister à l’intérieur de notre organisme. Combien de fois ai-je réfléchi à l’impact négatif qu’il pouvait avoir sur ma santé mentale, sur ma paix, sur ma joie? N’est-il pas le siège des émotions? Ces émotions qui peuvent être définies comme « des bouleversements, des saisissements, des secousses qui rompent la tranquilité , se manifestent par des modifications physiologiques violentes, parfois explosives ou paralysantes.  »

Le cœur est de fait la résidence d’un amas qui peut nous foudroyer à tout instant. Ressentir une émotion, en particulier l’amour c’est comme être blessé, sans aucune goutte de sang versée. Selon le sens, on est guilleret, lumineux, ou alors exténué, vivant à petites doses, et désireux à tout instant de s’évanouir.

A lire, je ne saurais dire si ce texte est de l’ordre de la prose irréfléchie ou un texte philosophique qui se veut avoir un début et une fin. Toutefois, je peux vous l’assurer le cœur est un traître.

Avez-vous déjà ressenti une émotion avant d’avoir mis le mot dessus? L’amour (lui encore) en est un exemple palpable. On aime l’autre avant de se l’admettre. On constate qu’on aime. On observe que nos yeux brillent au détour d’un regard. On réalise que notre respiration est plus rapide en sa présence. On s’imagine triste en son absence. On s’autorise la joie à l’évocation de son nom. On se découvre des talents de conteur pour relater le détail le plus anodin de notre rencontre.

Pis, l’amour inconditionnel, l’amour philae, par exemple d’un parent envers ses enfants, c’est une dimension rare. On s’extasie, ou on se consume de colère, sans transition. Toujours ce cœur, nous fait ressentir l’émotion, avant que nous ayons pu la définir. Oui, il est traître car il nous abandonne dans l’émotion.

C’est la réalité que vivent ceux qui sombrent dans les émotions négatives, se résumant en l’état de vie qu’on définit comme dépression. Le coeur fonctionne comme un organisme à part, qui secrète des substances toxiques dont nous ne pouvons nous séparer. Les dépressifs vous l’affirmeront. Ils veulent aller mieux. Pourtant, leur coeur n’a de cesse de les trahir.

Ennemi profond mais avec honnêteté notre meilleur ami. Avez-vous en cette vie fait preuve d’intuition? Ce signal que votre cœur vous envoie à la vue ou dans le vécu d’une situation qui informe votre mental. Vous anticipez sur une action à faire, ou encore, vous reconnaissez la nécessité de ne pas faire confiance à l’autre en face de vous. L’intuition est l’expression du cœur ami. Cœur, bâti par le Seigneur comme tout œuvre au sein de nous, qu’il nous appartient d’utiliser selon sa création et non à notre convenance.

Ainsi, nous avons reçu les commandements suprêmes qui clarifient le rôle du cœur : « Aime ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de ta pensée. » et « Aime ton prochain comme toi-même ». Le cœur apparaît de fait comme un organe qui n’a pas été créé pour notre contentement égoïste. C’est un relais parfait entre nous et les autres. C’est le siège de la pensée de Dieu, et c’est l’expression de son amour pour nous. C’est un ami qui nous accompagne à discerner le bien du mal. C’est un instrument pour communier avec les autres êtres humains, tous garants d’avoir le même cœur.

Que nous soyons des personnes de bien ou des personnes vivant dans la force obscure, l’identité du cœur ne peut changer, instrument d’accès à la vie, il sera toujours le meilleur pont entre notre humanité et nous-mêmes. La preuve, de celui dont on aura de la peine à comprendre les actes, on dira qu’il est « sans cœur ». Or, son coeur est bien présent. Cette expression vise à rappeler le lien statutaire qui nous lient en tant qu’êtres de chair avec notre enveloppe d’amour.

Ainsi d’ennemi qui nous trahit, nous pouvons en faire un ami sur lequel compter. Reconnaissons que notre coeur sera blessé. Les déceptions sont une fin à accepter lorsque nous vivons au sein de communautés. Certaines seront plus douloureuses que d’autres. Cependant, elles aussi passeront. Rien ne reste que le cœur.

Prenons en soin. Sport, alimentation, eau sont des outils physiques pour garder le cœur proche de nous, dans un lien filial qui ne devrait jamais s’interrompre. Méditation, instants de bonheur, gratitude sont des pratiques mentales qui elles nous permettront de parachever en permanence l’œuvre divine en nous.

A qui a du cœur, estimez-vous heureux de ressentir des émotions vives. Le problème ne sera jamais l’émotion, plutôt la réaction que vous décidez d’avoir en sa présence. Les auteurs qui ont analysé ces mécanismes sont nombreux. Je citerai Daniel Goleman, et son analyse de l’intelligence émotionnelle comme des références sur le sujet.

Love, Anna

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