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Comment guérir de nos blessures?


« Tes messages sont de plus en plus bizarres ». Ces petits mots d’une amie m’ont touchée comme une épée qui transperce le cœur, tellement ils semblaient justes.

Depuis quelques mois, j’ai l’impression de voguer à contre-courant de ma vie et c’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle j’écris moins (je l’expliquais récemment ici) car je garde plusieurs choses et je n’ai parfois pas le courage de les exprimer.

L’année 2019 pour moi, aura été jusqu’à présent une année de « confrontation ». Je ne prends pas ici ce mot dans son sens négatif (quoique). J’ai fait face à moi-même, je suis allée au plus profond et une nouvelle personne est en train de se dessiner petit à petit, en partie dans une extrême douleur. Grâce à mon amie Befoune, j’ai découvert un compte Instagram, qui me permet de donner un nom au processus que je vis: « Self-healing ».

  1. Pour vivre mieux, il faut créer des limites

Il s’agit en effet de soigner soi-même toutes les blessures encore ouvertes, celles qui s’ouvrent à l’instant et bâtir de manière définitive l’environnement qu’on veut pour soi. C’est ce que j’ai décidé de faire en Novembre 2018, lorsque j’ai quitté le domicile familial pour vivre seule avec ma fille. C’était une décision qui m’habitait depuis des années. Pourtant, les trois premiers mois ont été durs. Près d’un an après, mon cheminement m’a inspiré quelques pensées que je souhaite partager ici, aujourd’hui, à un moment où j’ai envie de tout envoyer en l’air. Ça sera une manière pour moi, une manière de célébrer le chemin parcouru et peut-être libérer cette âme qui à l’instant T n’a qu’une envie, celle de pleurer pourtant elle a beaucoup de chance.

Lorsque je pars de la maison familiale, c’est avec l’idée forte que malgré tout l’amour que j’ai pour ma mère, nous sommes deux adultes à part entière et il devient désormais difficile de cohabiter sans risques de tension inutile. De même entre 2016 et 2017, j’ai énormément travaillé sur moi-même, me redéfinir. De ce fait, je n’aimais plus la sensation de devoir me battre pour faire accepter la personne que je suis.

Cette coupure du cordon ombilical a été extrêmement salutaire. J’avais comme la sensation que depuis 33 ans, je vivais comme dans l’ombre de ma mère, et subissait parfois la vie au gré de ses désirs profonds pour moi. Rien qu’admettre cette réalité a fait l’effet d’une claque pour moi, parce que j’avais toujours eu la sensation d’être indépendante. Cependant, je ne l’étais pas. Pourquoi ? Parce que l’amour et la peur de blesser prenait trop le dessus dans ma vie. De même, la peur du « conflit » (et si elle se fâche, et si elle ne me parle plus, etc.) prenait elle aussi, le dessus et m’amenait à faire des compromis inappropriés.

Mon départ de la maison a été le déclic mais plusieurs autres événements de l’année 2018 et de l’année 2019, ont réaffirmé ce besoin d’éloignement et au-delà de l’indépendance, de « vivre pour soi ».

Au-delà de ma relation avec ma mère, dans l’esprit de créer des limites/barrières, ma relation avec les autres a evolué. J’ai appris à dire « je souffre », « tu m’as blessée », « je ne veux pas vivre cela ». J’ai appris aussi à m’éloigner en silence lorsque c’est nécessaire (en ce moment par exemple, je sais que je suis en train de perdre une amie de longue date mais ça va). Je ne supporte plus d’être blessée inutilement

Même dans mes relations avec les hommes, ces barrières ont changé ma perspective. Le célibat fait tout sauf me déplaire. Lorsque je m’ouvre pour bâtir, c’est pour bâtir, construire, mais je m’interdis de célébrer ou de m’accrocher à un engagement qui n’existe pas encore. Je veux être heureuse pas accompagnée. Je veux être appréciée pas tolérée. Je veux construire intentionnellement, pas marcher sur la même ligne sans rien à voir à se dire.

Ce qui est le plus difficile dans le processus que je vis actuellement, c’est que malgré tout ça, on peut encore être blessée, choquée, etc. Récemment, j’ai accepté de travailler sur un projet alors que mes instincts de conservation m’en dissuadaient. J’ai certainement gagné de l’argent mais j’ai surtout gagné la sensation d’avoir été méprisée. Or, c’est exactement ce que je voulais éviter.

 J’en retiens donc une grande leçon, même et surtout dans le monde professionnel : ne pas donner le quitus aux autres pour nous faire mal. Il faut savoir éviter les douleurs inutiles. Gagner de l’argent n’est pas une justification nécessaire pour baisser en estime de soi.

Gagner de l’argent n’est pas une justification nécessaire pour baisser en estime de soi.

Ce que j’ai aussi compris de mon vécu à me définir des barrières et des douleurs sur le chemin, c’est que je suis encore en rémission. La personne que je deviens est meilleure, a été blessée et n’a pas guéri à 300%. De ce fait, je dois faire attention à moi, aux énergies qui rentrent dans ma vie et avoir la rigueur qu’il faut pour faire le ménage lorsque c’est nécessaire.

  1. Le principe d’atteinte des objectifs n’est pas linéaire

Il n’y a pas un chemin pour arriver à Rome. Dans mon processus de réapprentissage de la vie, voilà l’un des aspects que j’ai dû accepter lentement. En effet, j’ai toujours été confrontée à deux modes de vie sur ce plan, et avec des analyses primaires. J’ai toujours admiré ma mère comme un modèle de vie et de réalisation. Son chemin, elle l’avait tracé selon une ligne en apparence très droite, beaucoup de sacrifices et pour réussir, je devais suivre exactement la même voie. Mon père en revanche avait toujours été le modèle de « Je vis avant tout » et parfois le cheminement de sa vie pouvait poser la question de savoir s’il a vraiment réussi. Son décès a pour moi répondu à cette question et m’a permis d’apprendre.

Les hommages rendus à mon père étaient sincères, nombreux et plein d’amour. Il n’a pas été l’homme le plus riche du monde, ni peut-être le plus influent, il n’a peut-être pas vécu sa vie au maximum de ses potentialités, mais il a impacté un grand nombre de personnes. Il a fait du bien, il a inspiré et il s’en est allé.

J’avais très souvent voulu m’adosser au parcours très linéaire de ma mère. Cependant, ma vie a vécu des secousses qui ont rendu clair comme l’eau de roche, qu’il n’en sera jamais ainsi. Le décès de mon père m’a quant à lui rappelé, que ce qui était important ce n’était pas être linéaire mais c’était faire ce qu’on avait voulu faire. Il y a dix mille chemins pour arriver à Rome.

Cette leçon bien qu’apprise reste de celle qui est difficile à accepter et qui me fait me poser à l’instant où je vous écris des questions existentielles : suis-je une imposture ? Vais-je passer ma vie à rêver sans réaliser ? Suis-je mal organisée, paresseuse, rêveuse, et juste bavarde ? Oui, beaucoup de ceux qui me connaissent écarquilleront les yeux. Mais tels sont mes questionnements. Mon plan personnel 2019 ressemblait à un long fleuve tranquille. Je l’avais écrit en pensant que tout se passerait comme je veux et à aucun moment dans l’année, je n’ai même voulu le relire, tant j’avais la sensation que je serais découragée.

Mais en écrivant ici, je réfléchis à tout ce qui se passe dans ma tête, et la chrétienne pratiquante que je suis a envie de dire une chose « Arrière SATAN ». Oui, car les doutes, les interrogations c’est bien mais en général ça vide de l’énergie, et ça nous amène sur un chemin où effectivement on ne réalise rien. On ne réalise rien du tout car on a tellement peur qu’on ne tente plus rien et qu’on ne fait rien tant que ce n’est pas parfait.

En 2019, voici ma plus grosse bataille avec mon être profond : accepter que je ne suis pas maître de tout, faire les choses un pas après l’autre et simplement y croire. Oui, si je n’y crois pas, personne n’y croire à ma place. Si je ne continue pas de revoir mes objectifs, les ajuster, de m’observer, de traquer les améliorations, personne ne le fera à ma place. Si je me dis « en 2019, tu n’as fait que gaspiller de l’argent, tu es mauvaise gestionnaire », ça ne me permettra pas d’apprendre à mieux gérer mon argent. Si je me dis «  tu n’es pas faite pour être entrepreneur, au final tu aimes trop le confort de la vie d’entreprise », il est clair que je n’arriverais jamais à être entrepreneure. Si j’arrête de me dire « que dans cinq ans maximum, je veux vivre chez moi, travailler de chez moi et élever ma fille ou mes futurs enfants en prenant plus de temps pour eux », il est certain que ça n’arrivera pas.

La vie n’est pas linéaire et j’accepte tout doucement que les contours, les questionnements, les ajustements forment l’ensemble de la trame qui me mènera à Rome. En 2020, j’ai envie d’apprendre un peu plus sur certains domaines, de faire plus de lectures orientées sur ces sujets et de me développer encore mieux. J’ai envie de lire plus par exemple sur la parentalité positive, sur « se soigner » et sur tant d’autres choses. Je veux pouvoir me laisser plus de temps pour faire les choses et me rappeler que parce que je n’ai pas fini à une date voulue, cela ne veut pas dire que je ne finirai jamais.

J’ai encore tellement à apprendre dans cette vie et je dois pouvoir aussi accepter que mes objectifs de vie soient les miens. Je ne veux pas forcément être une star, je ne veux pas forcément être connue de tous. Je ne veux pas forcément être dans le classement Forbes même si ça fait plaisir à l’égo lol. Je veux impacter, accompagner, aider des personnes réelles au jour le jour. Qu’il y ait une ou 100 ou 1 million, seul l’impact doit être ma première mesure. Je réalise aussi que les honneurs viennent lorsqu’on ne s’en préoccupe plus, jamais le contraire. La vie n’est pas linéaire, tous les chemins mènent à Rome, « c’est ça qui est la vérité ».

  1. Ecrire, partager ça fait partie de mon ADN et de mes chemins pour aller mieux

Les mots que je viens de poser ici m’ont libérée, me font énormément de bien et mon cerveau est déjà plus posé et plus positif. En écrivant ici, les doutes s’éteignent car je me rends compte de la grâce que j’ai de pouvoir mettre des mots sur les choses. Il ne sert à rien très souvent de se cacher derrière des faux-semblants. Il faut simplement faire ce qu’on aime, le faire souvent et sans se poser de questions.

Alors, comme je l’ai déjà dit, je continuerai à écrire plus souvent, plus régulièrement parce que partager, définir, c’est me regarder dans un miroir et avancer. Ça c’est mon outil à moi, mais pour chacun d’entre nous en y réfléchissant bien, on trouve sa méthode.

La raison principale pour laquelle j’ai réalisé que je dois écrire plus souvent et sans tergiversations, c’est que je suis en rémission permanente. Lorsqu’on est passé par la dépression et le burnout, on est un peu comme un toxicomane qui vient de sortir de cure. Il faut faire attention à soi pour ne pas rechuter. Lorsque je repense à cette femme meurtrie, peu confiante, qui masquait sa douleur avec tout, et que je vois la femme que je suis aujourd’hui, je ne peux que rendre grâce. Mais j’ai aussi appris qu’agir en permanence pour rester au top de la conscience de soi, de l’amour de soi, c’est déjà un gros travail. Pour moi, ce travail passe entre autres par l’écriture car il n’est rien de plus exaltant pour moi que de mettre mes idées en ordre pour les partager au monde.

Il est encore de nombreux sujets sur lesquels je n’écris pas suffisamment. Je me suis toujours considérée comme une citoyenne consciente mais depuis quelques années maintenant, je m’interdis quasiment d’écrire sur ces sujets. Là, comme ça, je sens que je devrais recommencer.

Le cheminement vers l’amour de soi, vers la croissance, vers le bien-être, le bonheur, est une expérience longue et qui mérite de la patience.

Le cheminement vers l’amour de soi, vers la croissance, vers le bien-être, le bonheur, est une expérience longue et qui mérite de la patience. Poser ici ces mots c’est me rappeler et vous rappeler aussi que nous pouvons toujours faire le choix d’être bien. Il faut pour cela être prêt à rechercher le mieux, être déterminé à se sentir bien, et à ne plus accepter la douleur comme une sensation normale. C’est tout ceci que j’ai intégré pour moi et j’espère pour toute personne qui vivrait des sensations proches, que cet article a pu vous aider.

On ne discute pas suffisamment ici. Alors n’hésitez pas à me laisser un commentaire, pour qu’ensemble nous puissions continuer le débat. Ça serait top. La bise.

Love, Anna.

4 thoughts on “Comment guérir de nos blessures?

  1. “Tes messages sont de plus en plus bizarres” je dois t’avouer que j’avais pensé la même chose à un moment mais moi-même je traversais des moments de recherche profonde d’un équilibre… un grand merci à cette amie qui a pu déclencher ce texte. The path to your inner self is a long, painful ful but worthy journey. Beaucoup de courage ma belle. You deserve to find peace and love. Your girl can only benefit from you being healthy in and out.

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  2. Article tres profond. Courage à toi dans ton parcours.
    Le chemin a été rude pour moi et je suis arrivée à une quietude et j’ai du mal a remettre en cause le statut quo et grandir encore. Peur de la douleur et de la souffrance. Si cela peut t’aider moi je dors chaque nuit en étant satisfaite de ma journée. Tous les jours j’essaye de faire les meilleurs choix possible au vu des infos que j’ai et donc je dors chaque nuit sereine. Cela ne signifie pas que je n’angoisse pas pour le futur mais je n’angoisse pas sur mes actions passées ce qui est déjà pas mal. Un changement profond m’attends et je vais continuer à perdre des ami.(e)s. Mais je dois etre heureuse. Je dois me sentir bienet je dois avoir confiance que ce qui me fait me sentir bien c’est ce qui estbien pour moi. La vie peut s’arreter demain alors je ne bacle rien. Je vis et je ferme les yeux apaisée.

    Ce n’est pas facile, parfois la meditation ne marche pas, parfois je marche dans le noir le plus complet mais je n’ai aucun controle sur la vie. Alors  » A nous la vie ».

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    1. Ton commentaire est unique ma sœur à moi. Ce que je retiens essentiellement c’est le “à nous la vie”, oui elle est bien à nous cette vie chaque jour, tous les jours et il nous appartient effectivement d’en tirer le meilleur 😊😊😊😊. On est sur le chemin, ça ne peut qu’aller et ça continuera à aller.

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